Focus sur l’Agence nationale de lutte contre la corruption avec Sékou Mohamed Sylla

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Conakry, le 09 Janvier 2018 – Active ou passive, publique ou privée, la corruption est un acte grave passible de poursuites pénales !

Sous toutes les latitudes, le corrompu sollicite, agrée ou accepte un don, une offre ou une promesse, des présents ou des avantages quelconques en vue d’accomplir, de retarder ou d’omettre d’accomplir un acte entrant d’une façon directe ou indirecte dans le cadre de ses fonctions. Dans les pays sous-développés, les conséquences sont encore plus catastrophiques puisque le minimum vital n’est même pas garanti pour la grande masse des populations affamées et incapables de se soigner… L’Intègre Président Condé a en souci de faire évoluer en permanence la législation juridique et financière par de nombreuses réformes d’envergures, pour en finir avec les formes les plus sophistiquées de corruptions et de détournements de budgets essentiellement pratiqués par des cadres et des responsables politiques et administratifs. L’agence nationale de lutte contre la corruption, traduit cette volonté de procéder à l’assainissement, pour promouvoir la bonne gouvernance nécessaire au développement rapide et harmonieux de son pays.

Bonjour Monsieur Sékou Mohamed Sylla ! Pour la Promotion de la bonne gouvernance, quelle est la mission assignée à l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption (ALNC), dont vous êtes le Secrétaire Exécutif Adjoint ?

L’agence nationale de lutte contre la corruption, conformément au décret 132 du 12 décembre 2012 portant sur l’organisation de la présidence de la république, a la mission d’élaborer la politique nationale pour la bonne gouvernance en menant des activités de prévention, pour la détection de la corruption et des infractions assimilées.

En 2016, une campagne internationale de l’ONUDC mentionnait que la corruption était l’un des principaux obstacles à la réalisation des objectifs de développement durable. En Guinée, quelles mesures avez-vous prises pour freiner et enrayer la corruption et atteindre les ODD ?

Avec l’appui de nos partenaires, particulièrement les fondations OSIWA, nous avons eu à réaliser, en collaboration avec l’institut national de la statistique, des études et enquêtes sur la perception de la corruption et de la bonne gouvernance en république de Guinée. Avec la perspective de l’application des nouvelles dispositions législatives, nous espérons engager des actions appropriées. La déclaration de l’agence nationale de lutte contre la corruption cadre parfaitement avec les réalités locales. Par la volonté de l’autorité dans le cadre de l’action gouvernemental, je pense que les dispositions sont en cours qui puissent permettre d’entamer une réduction substantielle du phénomène de la corruption.

Quelles stratégies comptez-vous mettre en place pour vulgariser la loi anti-corruption votée par nos députés ?

Il faut reconnaitre que l’enquête n’est pas seulement la stratégie ou la méthode de l’approche pour lutter contre la corruption. La procédure de lutte contre la corruption repose sur un certain nombre de piliers dans la prévention, l’incrimination et la répression. Le recouvrement d’avoirs, la coopération internationale et l’assistance technique, c’est l’essentiel des piliers sur lesquels repose une véritable stratégie de lutte contre la corruption. En ce qui concerne la Guinée, des avancées significatives ont été enregistrées dans le cadre des réformes lancées par le Président de la république notamment en matière de consolidation de l’état de droit. La réforme du secteur de la justice, l’adoption et la promulgation de deux nouveaux codes prévoient un chapitre dédié à la lutte contre la corruption. Enfin, il y a eu adoption, promulgation et publication de la loi portant prévention et répressions de la corruption en république de Guinée. En aout 2017, l’union européenne dans le cadre de son partenariat avec le gouvernement guinéen, a accepté d’accompagner la demande du secrétariat exécutif pour la finalisation de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.

L’Agence Nationale de lutte contre la Corruption joue un rôle stratégique dans le programme gouvernemental. Quelles sont les approches méthodologiques que vous préconisez pour les enquêtes de terrain dans le cadre de la lutte contre la corruption?

Nous sommes déjà sur le terrain dans ce contexte-là, il y’ a des canaux et les moyens qui sont définis dans le cadre d’une stratégie sectorielle de communication. La sensibilisation, l’information, l’éducation et la communication paraissent déterminantes dans la vulgarisation des textes dans l’espoir de faire bénéficier les repentis, et d’exercer des actions de répression dans le cadre de l’application de la loi.

L’ANLC demeure aujourd’hui peu, voire mal connue par les populations guinéennes. Quelle nouvelle politique entendez-vous élaborer pour amener les citoyens à s’impliquer davantage à vos côtés pour la réussite de votre mission de lutte contre la corruption?

Cette stratégie de communication sectorielle définira tous les instruments, les voies et moyens mieux indiqués pour renforcer la démarche intérieure de l’ ANLC en matière de promotion de sa mission surtout avec l’adoption de la nouvelle loi, permettant l’appropriation du processus de lutte contre la corruption en république de Guinée par toutes les composantes de la nation Guinéenne.

Quelles sont les perspectives sur le plan national et international pour l’année 2018 dans le cadre de la lutte contre la corruption ?

D’abord sur le plan national avec ‘’Guinée is back’’, l’ANLC, sur l’impulsion du secrétariat exécutif, a enregistré des avancées significatives. L’ANLC est l’une des institutions nationales de lutte contre la corruption en Afrique qui a une véritable audience sur le plan international, depuis que le pays, en tant qu’Etat est parti à la convention des nations unies qui a réussi son examen d’application. Nous avons initié des relations de partenariat avec les institutions en Afrique et sur le plan international. C’est dans ce contexte que la Guinée va bientôt abriter l’atelier régional francophone sur le renforcement de capacité de lutte contre la corruption sous la bénédiction de l’organisation internationale de police criminelle ‘’interpole’’, dans le cadre du programme initiative Saar Banque mondiale et interpole. La Guinée a été également choisie pour abriter la prochaine assemblée générale du réseau des institutions nationales de lutte contre la corruption en Afrique de l’Ouest. Sur le plan national nous espérons entre autre, bientôt les textes d’application de cette loi qui permettra à l’ANLC de renforcer ses capacités d’intervention sur le terrain.

Pour terminer, avez-vous un message particulier à lancer aux citoyens ?

J’interpelle toute la société guinéenne, à conjuguer les efforts pour éradiquer la corruption dans le pays parce que, la lutte contre la corruption n’est pas seulement la préoccupation des autorités, elle concerne également toutes les couches à commencer par la famille et les collectivités, bref, toutes les composantes de la société guinéenne. La corruption est un phénomène plus dangereux, plus vicieux que l’épidémie à virus Ebola que la Guinée a connue.

 

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La Cellule de Communication du Gouvernement

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