L'équilibre de l'info

  • Doumbouya1.jpg
  • Doumbouya.jpg
  • Doumbouya2.jpg
    Mohamed Lamine Doumbouya, ministre Budget

Kindia : le ministre du Budget face aux étudiants : « l’économie guinéenne se porte bien » (Explication)

in A LA UNE/ACTUALITES/ECONOMIE/FLASH INFO/POLITIQUE by

Guinée- Conakry/ Pour satisfaire la demande du président Alpha Condé en matière de communication sur les acquis du gouvernement, le ministre du Budget Mohamed Lamine Doumbouya greffe à sa stratégie de communication, le terrain.

 

Au compte de la première étape de cette nouvelle dynamique, le centre universitaire de Foulaya (Kindia). Là, au cours d’une conférence-débat le samedi 05 mai, le ministre du Budget a soutenu du mieux qu’il peut, la bonne santé de l’économie guinéenne.

Cette conférence-débat avait pour thème central : « Réformes des finances publiques et perspectives de l’économie guinéenne ». Objectif ? Partager avec les étudiants, la vision de l’économie guinéenne.

Devant les étudiants de la Faculté des sciences économiques de l’Université de Foulaya, le ministre a rappelé la mission de son département. Celle de concevoir, élaborer et exécuter la politique budgétaire du gouvernement. Il a précisé que le budget de l’Etat est un patrimoine public, un document de prévision. « Avant d’élaborer les dépenses, on s’assure d’abord des recettes. Quelles sont les recettes attendues ? Parce qu’aller dans le sens d’estimer les dépenses sans être sûr qu’il y aura des recettes, on augmente le déficit et plus tard on augmente la dette publique », a-t-il expliqué avant d’ajouter que le budget est politique, technique et juridique. « Le budget est une autorisation de dépenses et de recettes donnée par le Parlement à travers son vote ». Il a soutenu qu’à travers la lecture du budget, l’on peut savoir quelles sont les orientations, les priorités de l’Etat.

« La bonne nouvelle, c’est que l’économie guinéenne se porte bien. En 2016, nous avons eu un taux de croissance de 10,5% pour la première fois. En 2017, d’après le FMI, ça va être de 8,2%, mais l’Institut national des statistiques dit que ça va être à 12,5%. On attend de voir parce qu’il peut arriver que les instituts n’aient pas les mêmes appréciations de l’économie. Nous prévoyons 6,8% en 2018 ».

Depuis la sortie d’Ebola, l’amélioration de l’environnement macroéconomique, dit-il, attire beaucoup d’investissements surtout dans le secteur minier. Même que le taux de croissance est tiré à 53% par le secteur minier. « Nous sommes parvenus à faire baisser l’inflation. De 21% en 2011 à 8,2% en 2018. Nous sommes passés de deux chiffres à un chiffre. La dette aussi s’améliore parce que la Guinée a profité de l’initiative PPTE [ndlr : pays pauvres très endettés] pour réduire les 2/3 de sa dette. Aujourd’hui, notre taux d’endettement se trouverait autour de 26% y compris Souapiti ».

Les réformes
Sur le plan des réformes, Dr. Mohamed Lamine Doumbouya a cité le nouveau cadre légal et réglementaire dont : la loi sur l’unicité des caisses de l’Etat ; la loi organique relative aux Lois de Finances ; la loi organique portant gouvernance financière des sociétés et établissements publics de l’Etat ; le code des marchés publics ; le décret portant gouvernance des finances publiques ; le décret portant Règlement général sur la gestion budgétaire et la comptabilité publique ; plusieurs arrêtés d’application, circulaires et instructions.

S’agissant de la mise en œuvre de la réforme des finances publiques, notamment le volet dépenses, le ministre du Budget a souligné l’amélioration de la préparation de l’exécution budgétaire à travers la programmation budgétaire pluriannuelle ; la mise en cohérence des plans d’engagements et de trésorerie ; l’implémentation de la nouvelle nomenclature budgétaire de l’Etat ; la production des rapports d’exécution trimestriels ; la digitalisation progressive de la chaîne d’exécution des dépenses publiques ; la diffusion des informations relatives à la gestion des finances.

Sur le volet recettes, Dr. Mohamed Lamine Doumbouya a indiqué la refonte de la politique fiscale et douanière. Plusieurs activités ont été menées dans ce cadre : la révision des taux d’imposition (taxe sur la valeur ajoutée, contribution foncière unique, impôt sur les sociétés, etc…) ; l’entrée en vigueur du tarif extérieur commun (TEC) de la CEDEAO ; la formalisation progressive du secteur informel à travers la mise en place des centres de gestion agréés à la Direction nationale des Impôts ; le renforcement de l’administration fiscale et douanière.

Les perspectives
Le PNDES (Plan national de développement économique et social) 2016-2020 est l’élément central des perspectives. Son objectif est de promouvoir une croissance forte et de qualité. « Une croissance de qualité est une croissance qui est inclusive, homogène qui n’est pas dépendante d’un seul secteur. La transformation durable de l’économie et le développement inclusif du capital humain ». Les perspectives de l’économie guinéenne incluent aussi la formation. Le défi, c’est de rationaliser les dépenses publiques, réduire le train de vie de l’Etat. « Tout ne doit pas être dans l’administration centrale, mais l’essentiel doit aller vers les populations. Ce n’est pas normal que ça soit uniquement les fonctionnaires qui vivent bien alors qu’ils sont censés servir les populations. Il faut promouvoir la transparence budgétaire. Il faut rendre compte, renforcer les associations impliquées dans la gestion à travers la transparence, les mécanismes de contrôle, le renforcement des capacités humaines et lutter contre la corruption, qu’elle soit active ou passive. Il faut promouvoir l’agriculture. Le Président de la République a pris l’initiative d’investir beaucoup dans les cultures de rentes (l’hévéa, le cacao, le café, l’ananas, etc…). Il faut investir aussi dans les cultures que nous consommons. On doit investir également dans l’énergie, les infrastructures routières. Il faut investir dans le secteur éducatif et il doit être le principal secteur d’investissement. Rien ne vaut les ressources humaines », a conclu le ministre.

Après sa sortie, le ministre du Budget Dr. Mohamed Lamine Doumbouya est revenu sur les raisons qui l’ont poussé à tenir cette conférence-débat. « Nous nous sommes rendus compte que nos finances publiques ne sont pas forcément comprises par les populations. Les réformes que nous menons ne sont pas comprises ou sont peu expliquées aux populations. Nous avons estimé nécessaire de décentraliser notre politique d’information. Aujourd’hui, je suis à Kindia. Certainement dans les semaines à venir, je serai à Labé, après à Kankan et à N’Zérékoré où je vais rencontrer les étudiants pour parler effectivement de ce qui se passe au niveau de notre économie et les réformes que nous menons. Donc, c’est une façon de permettre aux universités, aux étudiants, aux enseignants aussi de pouvoir comprendre réellement quelles sont les réformes que nous menons ? Qu’est-ce qui motive ces réformes ? Pourquoi c’est important que tout le monde s’implique pour nous soutenir dans ce sens ? Et cela s’inscrit bien sûr dans la vision du Président de la République qui nous instruit à chaque fois d’informer les populations de ce que nous faisons ».

Sur quoi peut-on se baser pour dire que l’économie guinéenne se porte bien aujourd’hui ? « Il y a des indicateurs qui permettent de déterminer le bien-être d’une économie donnée. Tout comme quand on va chez le médecin, il y a des indicateurs que l’on repère qui permettent d’évaluer son état de santé. Chez nous par exemple, c’est le taux de croissance, le niveau d’endettement, le solde budgétaire et aussi la vision, les réformes que nous menons. Vous savez sans doute que nous avons conclu un accord avec le FMI il y a à peu près quatre ou cinq jours en arrière et qui montre quand même que l’économie se porte bien. Nous avons un taux de croissance qui est déjà à deux chiffres en début 2016. En 2016, c’était déjà à 10,5%. En 2017, ça va être à peu près à 8,2% et en 2018, nous travaillons pour que les choses puissent s’améliorer. Donc pour nous, l’économie se porte mieux. Bien sûr il y a des défis et au nombre de ces défis il y a le fait que nous devons travailler pour la diversification de l’économie. Parce que l’essentiel de cette croissance aujourd’hui est tiré du secteur minier et le secteur minier est connu ne pas être un secteur créateur d’emplois. Il est porteur de croissance, mais il n’est pas créateur d’emplois massif. Donc, il faut que nous travaillions pour qu’il puisse avoir une meilleure une diversification de l’économie. Que le secteur agricole, le secteur énergétique, mais aussi d’autres secteurs puissent jouer leur partition afin que toute la population puisse sentir les effets de la croissance », a-t-il insisté.

Au sortir de cette rencontre, nombre d’étudiants rencontrés sur place, ont salué cette nouvelle dynamique de communication du ministre du Budget et ont espéré que de telles initiatives s’inscrivent dans la durée pour le bien de tous.

Envoyé spécial Naby Cherif

Facebook Comments

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Latest from A LA UNE

Go to Top