Usage de la drogue : les politiques de réduction des risques en débats à Saint-Louis (Sénégal)

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Les travaux de la première édition du cours africain sur les droits humains et les politiques de lutte contre la drogue en Afrique francophone se poursuivent à Saint-Louis au Sénégal.

Les sessions du mercredi 8 novembre ont été dominées par deux thématiques majeures : « la consommation de drogue considérée du point de vue de la santé publique »; et « développer une approche santé dans la lutte contre la drogue : réduire les risques ».

En développant ces thématiques, l’objectif a été de ressortir l’impact de la consommation de la drogue sur la santé publique d’où la nécessité de privilégier l’approche médicalisée de la lutte contre la drogue et du coup, soutenir le bien-fondé de sortir de la logique de la stigmatisation et de l’emprisonnement des usagers de la drogue.

Dans les exposés des experts, Dr Idrissa Ba directeur du CEPIAD (Centre de prise en charge intégrée d’addiction de Dakar), Fabrice Olivet directeur d’une Association ASUD (France) et Abdou NDiaye responsable également de l’Association Charonne (France), il a été dit et soutenu l’existence des liens entre consommation de drogue et développement des maladies comme VIH, MST, hépatite C et bien d’autres maladies infectieuses.

Mais un consommateur de la drogue est-il nécessairement un malade? Les débats sur la question ont été fort houleux entre différentes écoles, différents profils. Ainsi, si pour le docteur Idrissa Ba, un consommateur de drogue est un malade, le défenseur des droits des usagers, Fabrice Olivet y oppose un moment de difficultés, d’addiction qu’un individu usager de la drogue traverse.

Néanmoins, en dépit de cette opposition d’approches et d’écoles, tous sont d’accord qu’il faille démontrer la justesse d’inscrire les politiques de lutte contre la drogue dans une perspective de santé publique. D’où l’expérience sénégalaise du CEPIAD où il est donné aux usagers, la méthadone pour soigner la dépendance de l’usager vis-à-vis de l’héroïne (drogue dure) plus néfaste, plus nocive sur la santé.

A ces intervenants, s’ajoute M. Daouda Diouf d’ENDA (Environnement Développement Action) qui travaille actuellement en réseaux avec certains pays également de la réduction des risques liés à l’usage de la drogue.
Auparavant, dans la journée du mardi 7 novembre, les sessions développées ont mis en exergue la nécessité de prendre en compte, la dimension droits de l’homme dans les politiques de lutte contre la drogue.

Au cours des échanges entre facilitateurs (Me Brice Magna Sylva avocat; Me Louis Letellier avocat et Me Jihonda Joseph Mane juriste) et participants, l’accent a été mis sur les droits des usagers à la santé; la prise en charge; la réinsertion; la protection de la vie privée etc.. Ceci en partant du principe que le consommateur de la drogue est en dépit de tout, un être humain. Autrement, même lorsqu’on est détenu pour usage de la drogue, on ne perd pas la totalité de ses droits.

Pour ce qui concerne la perception sociale des consommateurs de drogue en Afrique de l’ouest, les interventions des représentants des pays présents ont tous (ou presque) fait allusion au même préjugé à savoir que tout consommateur de drogue est un délinquant. Ce qui, à l’analyse n’est pas forcément vrai, selon les professionnels qui promeuvent la présente dynamique pour déconstruire une telle perception et travailler à inverser les paradigmes pour le bien de tous. Nous y reviendrons!

Saint-Louis, Ismaël Camara

 

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