OPINION : Alpha Condé seul contre tous avec sa fièvre et son thermomètre.

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Kouyaté Mohamed est Sociologue résident à Paris
Kouyaté Mohamed est Sociologue résident à Paris

Les guinéens viennent d’apprendre que la journée du lundi 5 janvier sera chômée et payée pour cause dit-on de « mawouloud ». De deux choses l’une : Soit le président Alpha Condé ne connaît pas l’administration, soit il opte pour la facilité.

Et pour cause, une journée fériée ne se décrète pas à tout va. Elle est réfléchie et coordonnée avec les différents acteurs sociaux et les différents départements ministériels car les journées fériées génèrent des impacts sur l’économie d’un pays. Madikaba Camara, son actuel conseiller à la présidence en sait quelque chose puisqu’il fut ministre de l’Economie et des Finances de notre pays. Si le Président Alpha Condé n’est pas capable de bien tenir les brides de notre pays eh ben qu’il rende le tablier car une Nation ne se gère pas dans l’amateurisme !

Pour le compte de la journée du 5 janvier, le Président Alpha Condé a malheureusement préféré casser son thermomètre plutôt que de prendre les médicaments pour faire baisser sa fièvre politique. Etait-ce le bon choix ? Le peuple appréciera. Les vraies raisons de la décision de rendre la journée 5 janvier résideraient sans nul doute dans le mouvement social qu’il n’a pas réussi à éviter pour l’instant. Sinon comment comprendre que le Mahouloud qui a eu lieu dans la nuit du vendredi au samedi puisse empêcher les travailleurs de se reposer en sachant que les guinéennes et guinéens ont eu les journées du samedi et dimanche à cet effet? C’est de l’amateurisme politico-administratif pur.

Voici l’histoire : n’ayant pas réussi à amorcer le dialogue avec les partenaires sociaux, le Président Condé s’est dirigé vers « son assemblée » pour conduire les négociations car estimant qu’avec sa majorité, il aurait pu avoir gain de cause mais c’est bien mal connaître la détermination des syndicalistes qui aujourd’hui ne sont pas prêts à sacrifier les travailleurs guinéens sur l’autel du mercantilisme politique. D’échec en échec pour désamorcer la crise, il n’a trouvé dernière solution que celle de rendre fériée, une journée qui ne devrait pas l’être. Sacré Kôrô ! Ne disait-il pas quelques semaines auparavant que la fièvre ébola avait anéanti notre économie ? Paradoxalement, on l’entend dire partout que l’état financera les élections présidentielles de 2015 sur fonds propres. Cherchez l’erreur !

Mohamed KOUYATE,
Sociologue,
Paris

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