Fete de la Femme : Six heures avec de braves commerçantes de piments (Carnet de route)

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Dans la nuit du jeudi 5  au vendredi 6 mars dernier, mon chemin a croisé sur la nationale Boké-Boffa -par simple hasard- celui d’une, deux et trois commerçantes de piments du marché Madina, le plus grand du pays. Raconter un pan de leur vie, leur courage, leur abnégation et le don de soi, pour leurs familles respectives, est  à mes yeux  la meilleure manière de rendre hommage à la Femme, à l’occasion de ce 8 Mars.

 

Jeudi 5 mars, il est 21 heures, je suis durement éprouvé par une longue attente à la plaque de Balandougou, localité de Boffa, sur la Route nationale Boké-Boffa. Après maints occasions, un taxi de marque Renault 21, gare, à quelques pas de moi, mais chargé de gros sacs et paniers de piments. A bord, trois femmes et un chauffeur. L’ambiance qui y régnait était bonne. Le piment, on le sentait dans la voiture, et sur les occupants.

A cette heure là, elles étaient très loin de Conakry. Dans nos discussions, j’avais compris que Makhissa Camara, originaire de Boffa, Mariame la plus jeune – qui a quitté le groupe à Boffa- et l’autre, je retiens plus le nom, en ont l’habitude,et connaissent bien ce métier. Ces grossistes, dit-on, dans la vente du piment, font leurs achats dans la région de Boké et reviennent écouler ces marchandises, vendredi ou samedi, sur le grand marché de la capitale, Madina.

Elles ne sont pas fatiguées par ce commerce et ces longues heures passées dans les marchés hebdomadaires des villages et aussi dans les minibus ou autres véhicules de transport de marchandises.

« J’ai trop mal à la tête » se lamentait, jusqu’à Conakry, la troisième du groupe.

Escale au grand point de Boffa, trente minutes après, j’ai le senti la faim gagner ces braves dames. Mais ceci n’est pas leur souci. Makhissa, la plus agée du groupe, explique au chauffeur de taxi, un jeune bavard devant l’Eternel, la nécessité pour elle d’arriver un peu plus tôt à Madina, la même nuit. En temps de crise de carburant, due à la légère baisse du prix du litre à la pompe, ce dernier semble hâter ses pas. Pour « tromper » sa faim, Nt’a Makhissa, comme on l’appelle affectueusement, quémande un poisson grillé et un sachet d’eau, à son jeune frère qui était aussi à bord de ce taxi.

Vers 23h, à Gbantama, dans la commune de Dubréka, une panne sèche de carburant. En brousse, la tension monte, les commerçantes sont dans tous leurs états. Le chauffeur, sentant la colère disparaît. Deux heures de retard, c’est comme si nous avions passé une éternité là.

« Vous voyez, ce sont les autres qui nous dépassent comme ça…Elles vont écouler avant nous et on aura plus rien » pleure Makhissa, voyant d’autres commerçantes de piments dans des voitures.

C’est aux environs de 3 heures que nous arrivions à Lansanayah Barrage, les commerçantes ne veulent pas rentrer à la maison, mais à Madina. Gagner les moyens de subsistance pour la famille d’abord, leur sacerdoce.

 

Une manière de dire bonne fe^te u 8 mars à toutes les femmes de Guinée.

 

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