Emmanuel Macron (enfin) candidat à l’élection présidentielle

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MacronL’ex-ministre de l’économie a annoncé sa candidature à Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Il sera jeudi et vendredi à Marseille.

Jusqu’à présent, il marchait, maintenant, il court. Emmanuel Macron s’est (enfin) résolu à annoncer, mercredi 16 novembre, sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Pour le symbole, l’ex-ministre a choisi de le faire dans un centre d’apprentissage à Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Une banlieue populaire pour un ancien banquier d’affaires de 38 ans, débarqué en politique depuis moins de cinq ans et qui veut casser les codes français, l’image est, à elle seule, déjà un programme.

Dans le discours d’une vingtaine de minutes qu’il prononçait mercredi matin, présenté en interne comme «une adresse aux Français », M. Macron s’en est pris aux « blocages » qui, selon lui, paralysent la France. «Le système a cessé de protéger ceux qu’il devait protéger », a-t-il insisté, dénonçant une organisation politique «qui vit pour elle-même, plus préoccupée par sa survie que par les intérêts du pays ».

Pour justifier sa candidature hors des partis traditionnels, l’ancien ministre de l’économie a également mis en avant « l’espérance » qu’il entend incarner, notamment auprès de la jeunesse. « Mon objectif n’est pas de rassembler la droite ou de rassembler la gauche, mais de rassembler les Français », a-t-il inscrit dans son discours. Une manière de répondre à la fois à ceux qui l’accusent d’être le futur fossoyeur de la gauche et à ceux qui lui reprochent de troubler la primaire de la droite en se lançant quatre jours avant son premier tour.

Aventure personnelle

Malgré ses bons sondages et une popularité qui flirte avec les 50 % d’opinions favorables, M. Macron sait que la voie est étroite. Jamais aventure personnelle comme la sienne n’a été couronnée de succès sous la Ve République. Jean Lecanuet, Alain Poher ou Michel Rocard s’y sont essayés avant lui, tous ont échoué à conquérir l’Elysée. Mais l’énarque a décidé de tenter crânement sa chance, poussé par son entourage et des élus encore peu nombreux mais dévoués à sa cause.

Pour espérer l’emporter, il n’a pas le choix de la stratégie : il doit bousculer afin de séduire le « camp des progressistes », qu’il situe indistinctivement à gauche et à droite. Il a notamment dans son viseur les 30 % de Français qui disent ne plus se sentir proches d’aucun parti politique, un potentiel bataillon qui lui donnerait une assise dans sa course.

Pour ce faire, le haut fonctionnaire entend occuper le terrain et multiplier les interventions. Deux à trois déplacements par semaine sont prévus d’ici à la fin de l’année, chacun sur une thématique précise. Jeudi 17 et vendredi 18 novembre, il sera à Marseille, où il visitera notamment un IUT situé dans les quartiers nord, là où prospère le maire FN Stéphane Ravier. Il y parlera formation, l’un de ses grands chantiers. « L’objectif, c’est de sortir le débat de la grisaille gestionnaire incarnée par les autres candidats, qui ne présentent que des mesures d’ajustement, explique un de ses proches. Parler des fondamentaux sociaux, économiques et humains, qui sont exclus de la vision comptable à l’œuvre en France. »

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