La pauvreté, un frein au traitement des femmes vivant avec le VIH SIDA en Guinée

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Crédit photo : AIDS 2014 Melbourne -ONUSIDA-
Crédit photo : AIDS 2014 Melbourne -ONUSIDA-

Re-publication- Des femmes séropositives  en Guinée font face à certaines difficultés pour suivre leur traitement antirétroviral, même à titre gratuit.

«Quelques fois je manque de transport »

« Je loge à Kagbélén (à plus de 30 km du «Centre Dream« , sa structure de prise en charge),  je suis séropositive, mère de deux enfants. Mes frais de transport à l’aller et au retour me coûtent 16.000 gnf (soit moins de 2 euros). Quelques fois je manque de transport pour venir au Centre de traitement » chuchote  Mme C.R, rencontrée dans ce centre.

Comme cette dame sait bien utiliser son traitement,  elle ne se présente qu’une seule fois par mois au centre pour recevoir ses médicaments antirétroviraux.

Malgré ses difficultés économiques, cette jeune mère au foyer a pourtant fait beaucoup d’efforts. Ses deux enfants, âgés de 2 et 3 ans, sont sortis du programme PTME ( Prévention de la Transmission de la Mère à l’Enfant) de ce centre de traitement spécialisé sis à Donka, dans la commune de Dixinn. Les enfants n’ont pas été infectés.

« Aucun membre de ma famille, y compris mon mari n’est au courant de mon statut ici. Comme c’est une situation qui pèse sur moi, je ne peux pas le dire. Il y a des moments, je ne peux pas bouger de la maison. Donc, je peux rater mon rendez-vous » poursuit Mme CR.

« Des femmes séropositives abandonnent le traitement »

En présence de la Coordinatrice du Centre Dream, la malade a du mal à avouer qu’elle a « besoin d’aide ». En réalité, il lui faut  de l’argent pour respecter ses rendez-vous.

Le centre Dream, supporté par la Communauté Sant’Egidio et des « personnes de bonne volonté », a ouvert ses portes depuis 2006 en Guinée. Actuellement, « près de 4.000 personnes vivant avec le VIH/SIDA sont sous traitement antirétroviral  dont 70 % de femmes ». Le traitement est gratuit.

Sur les 120.000 personnes vivant avec le VIH en Guinée, plus de la moitié sont des femmes (68.000). Un peu plus du quart seulement (33 .000)  du nombre total de malades  est sous traitement ARV, note-t-on dans le rapport ONUSIDA 2015 sur la Guinée.

« Dans nos sociétés, le poids de la famille pèse sur les épaules de la femme. Elle doit s’occuper de l’éducation des enfants, des travaux ménagers et si d’aventure elle est séropositive, elle doit se présenter au centre de traitement pour avoir des médicaments. Tout ceci combiné,  pousse certaines femmes séropositives à abandonner le traitement ou à être irrégulières au rendez-vous. Donc , nous les appelons pour insister sur  la nécessité pour elles de continuer la thérapie » affirme Fatoumata Sylla, Coordinatrice du Centre Dream.

La cellule PTME du  dispensaire Saint Gabriel de Matoto, haute banlieue de  la capitale guinéenne, a été ouverte par le Centre Dream pour éviter les cas d’abandon de femmes enceintes, dépistées  positives à Matoto. Elles étaient auparavant référées au centre Dream à Dixinn.

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