RD Congo : les élections reportées à Beni, Butembo et Yumbi

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Alors que la majorité des 40 millions d’électeurs congolais voteront ce dimanche 30 décembre, ces zones en proie à la violence et à Ebola ont été exclues du processus.

Reportées in extremis du dimanche 23 au 30 décembre, les élections générales prévues en République démocratique du Congo ont été reportées au mois de mars dans plusieurs régions du pays où sévissent le virus Ebola et des tueries. C’est la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) qui l’annonce ce mercredi 26 décembre. « Les élections directes dans les circonscriptions électorales de Beni, Beni-Ville et Butembo-Ville, en province du Nord-Kivu (Nord-Est), ainsi qu’à Yumbi, dans la province de Mai-Ndombe (Sud-Ouest), initialement prévues le 30 décembre 2018, sont programmées au mois de mars 2019 et feront l’objet d’un calendrier spécifique », indique un communiqué de l’institution.

Faire avec un million deux cent mille électeurs en moins

Dans son communiqué, la Ceni confirme que les élections présidentielle, législatives et provinciales se tiendront ce dimanche 30 dans le reste du pays. La « publication des résultats définitifs de l’élection présidentielle » est prévue le 15 janvier. La prestation de serment du président élu est annoncée le 18 janvier, soit bien avant la date des élections dans les zones où elles sont reportées. D’autant plus que la Ceni ne précise pas les raisons du report dans ces deux zones de conflit, deux parmi d’autres dans cet immense pays instable (2,3 millions de kilomètres carrés, neuf frontières). Par déduction, d’après les chiffres de la Ceni, l’Agence France-Presse informe que le report concerne 1 256 117 électeurs (sur les 40 millions inscrits), soit plus d’un million deux cent mille électeurs en moins. Si tous les candidats ont accepté le principe du report des élections au 30 décembre, la question du droit constitutionnel se pose fortement pour ces nouveaux ajournements.

En effet, pour l’élection présidentielle, la RDC est considérée comme une « circonscription unique » par la commission électorale. Une question ne manquera pas de se poser lors de cette nouvelle journée à haute tension : peut-on tenir l’élection présidentielle dans cette « circonscription unique » en retranchant 3 % du corps électoral ? Sans compter qu’avec ce report partiel l’Assemblée nationale comptera quinze députés de moins sur les 500 attendus.

L’opposition remontée

L’Église catholique, la société civile et les partis politiques d’opposition se sont prononcés contre un nouveau report des élections après celui du 23 décembre, qui a été annoncé trois jours avant cette échéance. « [À Beni], Ebola et l’insécurité sont des arguments qui ne tiennent pas debout : c’est surtout que la région du Grand Nord Kivu n’est pas en faveur de la majorité », a accusé un militant du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha).

« Cette nouvelle manœuvre montre que le régime veut s’éterniser pour continuer le pillage ! » a réagi, sur Twitter, l’opposant en exil Moïse Katumbi, qui soutient la candidature de Martin Fayulu. « Les Congolais doivent se prendre en main. Les élections doivent se passer sur toute l’étendue de la République et au même moment. C’est ça, la loi ! » a déclaré à l’AFPTV Gédéon Sépengwa, président des jeunes du parti historique d’opposition UDPS au Nord-Kivu.

«Ce que nous préparons, c’est le soulèvement populaire. Chasser Kabila pour que nous ayons des élections, parce qu’avec Kabila, ça devient un rêve, ça n’aura plus lieu. » Le président de l’UDPS, Félix Tshisekedi, est l’autre principal candidat de l’opposition. « On nous prend pour des c… ! » a tempêté sur Twitter Léonie Kandolo, du Comité laïc de coordination (catholique) à l’origine de trois marches anti-Kabila en début d’année.

« C’est une décision très grave. Il y a quelque part un agenda caché », a déclaré le porte-parole et le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), l’abbé Donatien Nshole.

La région de Beni est touchée par une épidémie d’Ebola qui a tué 354 personnes depuis le 1er août. En outre, des tueries de civils attribuées aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) ont fait près de 1 000 morts depuis octobre 2014, malgré les interventions de l’armée congolaise et des Casques bleus. Quant à l’autre région concernée par le report, « c’est une région acquise à [l’opposant] Fayulu, cela semble la vraie raison du report, derrière le prétexte des affrontements intercommunautaires », a ajouté l’activiste Claude Kinyuyu.

À Brazzaville, les chefs d’État et de gouvernement de deux organisations sous-régionales se retrouvent ce mercredi avec la situation en RDC au menu de ce « mini-sommet sur la paix et la sécurité » à l’initiative de la Communauté des États d’Afrique australe (SADC) et de la Conférence interrégionale des Grands Lacs (CIRGL).

Le point Afrique

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