Guinée : Pour Boubacar Yacine Diallo, « la radio est immortelle »

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Conakry, Guinée La communauté internationale célèbre ce jeudi 13 février 2020 la journée mondiale de la radio sous le thème ‘ »Nous sommes la diversité‘’. C’est une occasion offerte, depuis le 3 novembre par l’UNESCO en 2011, de célébrer le développement de la radio et son impact sur nos vies.

En Guinée, certes que cette journée n’est pas célébrée avec faste mais les promoteurs de radios comme l’ancien ministre de la communication et Fondateur de la radio Horizon Fm, Boubacar Yacine Diallo, a expliqué le sens du thème proposé cette année par l’UNESCO mais aussi la responsabilité de ce média en temps de crise politique dans un entretien exclusif accordé a Guinéetime.com.

Guineetime.com : la communauté internationale célèbre ce 13 février la journée mondiale de la Radio sous le thème « Nous sommes la diversité‘’. Comment expliquez-vous ce thème ?

Boubacar Yacine Diallo : Promouvoir la diversité à deux(2) niveaux. Le premier, c’est celui des rédactions. C’est de faire la promotion de la diversité au sein même de leur rédaction et ensuite faire la même promotion de la diversité sur les ondes. Donc, en ce qui concerne la promotion de la diversité au sein des rédactions, cela suppose tout simplement que le recrutement ne fasse pas l’objet de ségrégation et que la communauté des rédactions soit composite. Qu’on ne tient pas compte de la religion, de l’origine géographique, socioculturel, de l’âge des personnes sensées venir travailler au sein des radios.

La deuxième promotion, c’est sur les ondes. On demande aux promoteurs de radios et aux rédacteurs de faire en sorte que toutes les communautés soient touchées par l’information que nous véhiculons et que leurs préoccupations soient reflétées dans les émissions. Voilà l’esprit de ce thème.

Quel doit être le rôle de la radio dans le contexte politique actuel que la Guinée traverse ?

Cela a été révélé par l’UNESCO également, la radio c’est le média le plus consommé. D’abord parce que la conception des programmes est devenue plus simple compte tenu de la modernisation des équipements. Et c’est le média dont la réception est la plus facile possible. Où que vous vous trouvez, dans quelle circonstance que ça soit, vous pouvez capter la radio. Maintenant chacun peut la capter même sur son téléphone. Donc, on demande à la radio d’observer les règles les plus élémentaires du journalisme, mais comme la radio va plus loin et elle atteint tout le monde, on demande à la radio de faire preuve de beaucoup plus de responsabilité. Et en période de tension elle doit pouvoir privilégier une information vraie, une information recoupée.

Tenir aussi du contexte si une information peut être de nature à causer du tort à la communauté, c’est de la responsabilité du journaliste de ne pas la diffuser, de la différer ou de la traiter de manière à ce quelle soit diffusable sans pour autant dénaturer les faits. Parce qu’il est interdit à un journaliste de dénaturer les faits, mais, il doit pouvoir aussi tenir compte de la situation dans la quelle il vit lui-même parce que c’est d’abord un citoyen.

Avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, pensez-vous que la radio a toujours de l’avenir dans le monde ?

Le faite que, même couché les yeux fermés, vous pouvez écouter la radio, contrairement à la presse écrite ou à la presse en ligne et à la télévision. C’est peut être que c’est le nombre de support qui va augmenter. Il y ’ aura diversité au niveau des supports(…) maintenant la plupart des sites font aussi de l’audio. Et à partir du moment où les sites font de la radio, c’est aussi de la radio sur internet. L’avenir de la radio est pour toujours et à mon avis, la radio est immortelle.

En Guinée il y a assez de radios, pensez-vous que ces radios pourrons maintenir le cap avec les difficultés auxquelles elles sont confrontées ?

La difficulté des radios guinéennes, c’est que la plupart d’entre elles n’ont pas reçu à se constituer comme une entreprise de presse. Elles fonctionnent comme des entreprises unipersonnelles qui ne répondent pas aux exigences d’une entreprise de presse. La deuxième difficulté de ces radios, c’est le contexte économique de la Guinée. Nous avons une tradition depuis le 1er régime, une tradition où il n’y a pas de publicité.

Entretien réalisé par Moise Rama Fils.