En France, des incendies sans précédent de Fontainebleau à la Gironde ont intensifié les discussions sur les méthodes de lutte contre les feux. Au-delà de l’urgence immédiate, la prévention, la prévision et la détection précoces des incendies deviennent des aspects essentiels. Une innovation notable est celle développée par Kinéis et l’Entente Valabre, qui utilise des capteurs reliés à des satellites pour repérer les incendies naissants avec une grande précision.
Lancée en juillet 2025 avec le concours du Centre national d’études spatiales et intégrée dans le projet France 2030, cette expérimentation combine des technologies avancées. Des capteurs indépendants, placés dans les forêts, surveillent continuellement l’environnement. Ces dispositifs envoient leurs données à la constellation Kinéis, spécialisée dans l’Internet des objets, indépendamment des réseaux mobiles terrestres.
Déploiement initial en été 2025
Le premier test sur le terrain a eu lieu entre le 31 juillet et le 1er août 2025, au Pont du Gard, où 120 capteurs Silvanet ont été installés sur 313 hectares. Attachés aux arbres, ces capteurs mesurent des variables telles que le dioxyde de carbone, le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils, la température, la pression et l’humidité. L’analyse de ces données permet de détecter les phases de combustion et d’envoyer rapidement une alerte aux autorités de sécurité civile dès les premiers signes d’un feu.
Cette méthode offre une grande rapidité, comparée aux caméras qui nécessitent la visibilité de fumée ou de flammes et aux satellites dont les passages sont espacés. Les capteurs terrestres détectent directement les changements chimiques et atmosphériques indiquant une combustion. La connexion satellite pallie le manque de réseau dans les zones isolées comme les forêts denses, les montagnes ou les zones blanches.
Toutefois, ce système n’est pas destiné à remplacer les outils existants mais à les compléter. Selon un livre blanc publié par Kinéis en 2022, il s’agit de combiner les données des capteurs avec celles des caméras, drones, satellites et outils d’intelligence artificielle pour offrir une réponse plus rapide et complète aux secours, permettant d’agir efficacement en moins d’une heure après la détection d’un feu.
Surveillance des réserves d’eau
Après le Gard, le dispositif a été étendu au massif de l’Arbois, près d’Aix-en-Provence, où 80 nouveaux dispositifs ont été déployés. Environ 600 capteurs sont prévus dans une dizaine de départements, incluant les Bouches-du-Rhône et la Corse, ainsi que le Finistère et le Jura, témoignant de l’élargissement du risque incendie à des régions plus au nord.
Un autre aspect du projet concerne la gestion des réserves d’eau et de retardants. Des modules connectés permettent de surveiller à distance le niveau des citernes et des cuves, facilitant la planification des ravitaillements et la gestion des ressources lors des interventions.
L’expérience doit encore prouver sa fiabilité en conditions réelles, notamment en termes de précision des alertes, de résistance des équipements, d’autonomie et d’intégration dans les procédures opérationnelles, afin de différencier rapidement un vrai incendie d’une fausse alerte due à des anomalies environnementales.

Je m’appelle Marie et je suis une rédactrice passionnée faisant partie de l’équipe de Guineetime. Avec mon expertise dans les actualités people, je suis là pour vous faire vivre les dernières rumeurs et potins croustillants.
