Du 7 au 11 mai, un événement retentissant a eu lieu : une rave party non autorisée organisée par Techno +, une association engagée dans la réduction des risques liés à la consommation de drogues en milieu festif, a rassemblé des milliers de participants près d’une ancienne base militaire à Viroulou. Sept mois plus tard, La Dépêche revient sur les faits pour explorer les tensions persistantes entre les organisateurs et la préfecture.
« Quand un teufeur décide de participer, rien ne l’arrête. Un d’entre eux est même venu avec son véhicule en panne. Ils ont trouvé tous les moyens possibles pour accéder au site malgré les barrages », explique Alex*, membre d’un sound system responsable de l’événement, mentionnant le démantèlement de plusieurs centaines de mètres de clôture signalé par le propriétaire du champ à l’époque.
« La préfète a refusé de dialoguer avec nos médiateurs »
« Nous avions demandé à ce que les accès ne soient pas bloqués pour éviter que les gens ne se garent de manière désordonnée autour du site, mais nos demandes n’ont pas été respectées », déclare l’organisateur âgé de 27 ans. Il reste fermement sur sa position, même des mois après l’événement.
Depuis son adolescence, il a mis en place de nombreuses raves illégales. Lors de ces grands rassemblements, son équipe fait appel à des médiateurs bénévoles pour faciliter la communication avec les forces de l’ordre. « La préfète a refusé toute communication avec nos médiateurs, créant une situation dangereuse pour tous. C’est pourtant la base de notre système de médiation », poursuit Alex, en rappelant les raves précédentes à Quimper et à Villegongis qui avaient rassemblé des milliers de personnes sans incidents majeurs grâce à une bonne communication.
« Les médiateurs à Quimper avaient des rencontres régulières avec les autorités pour rapporter les incidents. À Villegongis, les accès n’avaient pas été bloqués, ce qui avait évité bien des problèmes », ajoute-t-il. Le maire de la commune s’était exprimé dans Ouest-France en faveur d’une collaboration pour que l’événement se termine calmement.
« Frustration immense de ne pas pouvoir nettoyer »
Clara*, une participante, exprime sa frustration lorsqu’elle a voulu aider à nettoyer après l’événement. « Nous étions prêts à nettoyer mardi, mais la gendarmerie, sur ordres de la préfète, a exigé l’évacuation immédiate du site, laissant le nettoyage aux agents municipaux », raconte-t-elle.
Déterminée, elle a tenté de revenir les jours suivants pour participer aux efforts de nettoyage, encouragée par les appels des résidents locaux, mais sans succès. « C’était très frustrant de ne pas pouvoir nettoyer nous-mêmes, surtout connaissant l’impact médiatique que cela pourrait avoir », confie-t-elle tristement.
La préfète du Lot, Claire Raulin, insiste sur « la destruction d’un espace agricole »
Interrogée sur l’interdiction faite aux teufeurs de nettoyer, la préfète met l’accent sur les dommages environnementaux. « Le nettoyage a été pris en charge par la communauté de communes et les habitants. La véritable problématique n’était pas les déchets, mais les dommages causés à un espace agricole sensible », explique-t-elle.
Elle rappelle également que les participants étaient toujours sur les lieux plusieurs jours après la fin de la musique. « Ils étaient toujours là mardi soir, et certains ont mis deux jours à partir. Ceux qui disaient vouloir nettoyer enfreignaient la loi en restant sur une propriété privée », précise la préfète, soulignant la découverte de déchets dangereux sur place.
Des mois après, l’événement laisse un souvenir amer tant du côté des participants que de celui des autorités et des riverains.
* Les prénoms ont été modifiés
Le maire de Montvalent et l’agriculteur n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Je m’appelle Marie et je suis une rédactrice passionnée faisant partie de l’équipe de Guineetime. Avec mon expertise dans les actualités people, je suis là pour vous faire vivre les dernières rumeurs et potins croustillants.
