Entretien Boubacar Yacine Diallo : “En Guinée, Les radios se battent pour la survie”

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Conakry, Guinée : L’humanité célèbre la journée mondiale de la radio, ce mercredi 13 février 2019. Cette année, l’UNESCO a placé l’évènement sous le thème « dialogue, tolérance et paix ». Pour comprendre l’historique de cette journée, notre rédaction a rencontré Boubacar Yacine Diallo, ancien ministre de l’Information, ancien président du Conseil National de la Communication et fondateur de la radio Horizon FM.

Selon cet ancien responsable de l’Office Radiodiffusion Télévision Guinéenne, l’initiative de cette journée vient de certains journalistes.

« C’est une initiative de quelques journalistes qui se sont retrouvés a Windhoek en Namibie et qui avaient suggéré qu’il ait une journée mondiale de la radio et cette idée a été validée par l’UNESCO puis votée à l’assemblée générale des Nations Unies, cela en souvenir de la création de la radio des nations-unies elles-mêmes » le Boubacar Yacine Diallo avant de se pencher sur le thème de ladite journée cette année

« Vous saviez que le monde est déchiré, non seulement par la faute des politiques mais également la mauvaise redistribution des ressources. Donc, vous avez des conflits à l’intérieur des États et vous avez des conflits inter-états. C’est pour cette raison que l’UNESCO a estimé que cette année devrait être l’année du dialogue, de la tolérance avec comme conséquence la paix. Le dialogue, je pense que par la radio cela est déjà instauré. Lorsque vous prenez les émissions interactives, il n’y a pas de sujet tabou pour le cas spécifique de la Guinée et les auteurs à visage découvert, débattent des questions politiques. Ils se sont même substitués aux politiques qui fuient le débat. Je pense que c’est une bonne chose, même si parfois on peut regretter quelques propos relevant du mensonge, de la calomnie, de la diffamation de la part de certains auditeurs qui prennent la parole » regrette cet ancien journaliste

Les radios privées de Guinée traversent assez de difficultés. Elles sont confrontées à des problèmes financiers. Des difficultés qu’énumère l’ancien directeur de l’Office de la Radiotélévision Guinéenne

« La première difficulté des radios c’est leur propre existence ! Vous saviez que les premiers radios privés sont apparues il y a un peu plus de dix ans. Les équipements sont vétustes et n’ont pas été renouvelés faute de moyens. Et je voudrais regretter à ce niveau qu’il n’y pas eu d’appui, ni du gouvernement de façon substantielle, ni des partenaires. Pourtant qui, à longueur de journée,  exigent des radios qu’elles fassent une information complète, correcte et recoupée.

La deuxième difficulté, c’est que la Guinée n’a pas une tradition de publicité et puis que la radio comme les autres médias d’ailleurs ne vit que des recettes produites.  On peut constater aisément que les radios souffrent énormément, la plupart d’entre elles bricolent simplement pour exister, nous nous battons au faite pour la survie.

Il faut que l’État, à mon avis, fasse beaucoup plus que la subvention d’ailleurs qui est arrivée très en retard cette année. Que l’État fasse plus, par exemple qu’il offre des équipements aux radios privées pourquoi pas ? Voilà à peu près deux difficultés majeures et la troisième qui n’est pas négligeable, c’est le désordre même de la profession.  C’est-à-dire que vous voyez un individu qui se présente comme un organe, il est lui-même l’organe. Il est le Directeur, le propriétaire, le comptable, il est l’unique journaliste et parfois il se laisse manipuler, il se laisse vendre et parfois il diffuse des fausses informations ou verse dans la calomnie ce que d’ailleurs la loi interdit » a précisé Boubacar Yacine Diallo

Pour cette journée spéciale de la radio, aucune activité liée à cette célébration n’a été organisée dans le pays, raison pour laquelle, ils sont nombreux ces journalistes interrogés qui se sont demandés du rôle et l’importance de l’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée l’URTELGUI. Ces hommes de médias estiment que cette association de presse devrait s’impliquer pour rendre cette fête tout son sens.

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