Guinée : Quand le Premier ministre Kassory Fofana s’éloigne de la Constitution

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Conakry,  Guinée : Conakry et des villes du pays enregistrent désormais  chaque semaine, des manifestations de rue liées aux crises d’ordre politique et social. Le nouveau chef du gouvernement,  Ibrahima Kassory Fofana qui a porté un treillis kaki avec un chapeau de nanti,  opte et croit au bras de fer. Pourtant,  la Constitution lui assigne un autre chemin à suivre….

Contrairement aux anciens premiers ministres avant 2010, ceux nommés par le  président Alpha Condé ont une autre dimension. Même s’ils sont responsables devant le Président de la République mais leur existence est clairement reconnue par notre Constitution.  Ainsi, l’article 58 de la nouvelle Constitution stipule  que : “Le Premier ministre est responsable de la promotion du dialogue social et veille à l’application des accords avec les partenaires sociaux et les partis politiques “.

A sa nomination il y a quelques mois, les Guinéens se sont réjouis des visites de courtoisie que le nouvel locataire du Palais de la Colombe a rendu  aux différents QG des partis politiques . Cette action de nature à rassurer et apaiser le climat socio-politique pour favoriser les investissements étrangers dans le pays, n’a pas eu long feu.

Confronté aux dures réalités de revendication tout azimut , le Premier ministre Kassory Fofana a difficilement fait son baptême de feu et changé de fusil d’épaule.

De la crise post-électorale aux revendications jugées fantaisistes de la part du SLECG, syndicat de l’Education,  le natif de Moriah a vite porté un gant de fer. L’agacement face aux échauffourées quotidiennes à #Conakry a même fait disparaître son sourire lègendaire.

Depuis deux mois, les enfants guinéens,  en réalité ceux des pauvres, l’écrasante majorité des populations , ne vont pas à l’école.  Le syndicaliste Soumah et cie du SLECG durcissent le cuir et n’entendent que la voix de réajustement de leurs salaires à hauteur de 8 millions Gnf.

En matière de négociations, même Toto le sait, le syndicaliste met la balle très haut et généralement les résultats peuvent être en dessous des espérances .

De la négociation , du dialogue, du compromis, c’est de ce chemin que s’écarte l’ancien ministre des Finances sous Lansana Conté. Kassory Fofana fait dans la fermeté …aveugle alors que l’avenir des enfants des pauvres guinéens est menacé par le spectre de l’année blanche.

Plusieurs voix, politiques et sociales se sont élevées pour appeler le chef du gouvernement à dialoguer avec les enseignants, rien n’y fait. Ce, au moment où l’opinion publique est plus que convaincue de la possibilité de trouver un accord avec les enseignants. D’ailleurs,  dans maints sorties médiatiques,  le syndicat SLECG n’a-t-il pas clamé haut et fort que ce montant de 8 millions Gnf est négociable !

Dévoir de négociations

Dr Faya Millimouno,  leader du Bloc libéral,  constate àmerement qu’ “Il y a une nouvelle mentalité des gouvernants en Guinée.”

Sinon “Le devoir de négociations est ce qui caractérise tout gouvernement responsable. Si le gouvernement refuse la négociation, c’est qu’il n’est pas sérieux” regrette-il. L’opposant croît dur comme fer que la sauvegarde de l’ordre public n’est point opposable a la loi.

Le régime Condé fait également dans la fermeté absolue avec l’opposition dirigée par Cellou Dalein Diallo de l’UFDG. Même si  l’on peut estimer inconcevable des manifestations de rue journellement dans un pays qui a intérêt d’attirer des capitaux étrangers , il faut avoir la force moralede reconnaître que l’Etat guinéen peut anhiler ces volontés de déstabilisation par le compromis , les négociations.  Continuer sur cette ligne ferme comme de l’airain , ne laisse prévoir que des affrontements entre jeunes opposants et forces de l’ordre dans les rues. Déjà, ces mouvements de rue o’ t causé plus de 100 morts depuis 2010.

” le gouvernement réitère son appel à la retenue et au calme à tous les acteurs et réaffirme toute sa disponibilité et sa volonté à résoudre par le dialogue et la concertation tous les problèmes qui se posent à la nation, le dialogue dont les conditions de confiance et de sérénité doivent être réunies avec le sens de la responsabilité et du patriotisme de chacun et de tous,  et tout cela dans le respect de l’Etat de Droit et des Lois de la République ” s’est pourtant engagé le gouvernement lors d’un récent conseil extraordinaire des ministres.

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