Guinée : Les tas d’ordures, la nouvelle arme de revendication sociale

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Conakry, Guinée : Les citoyens de Conakry ont une nouvelle arme de protestation contre les pouvoirs publics : déposer des tas d’ordures pour bloquer la route. Le fait est si banal, anodin, qu’il faille  cogiter sur le symbole véritable de l’action

Rien ne se perd, tout se transforme, dixit un célèbre scientifique. A Conakry, face à l’incapacité de l’Etat de gérer les déchets domestiques, les citoyens s’en débarrassent, comme ils le peuvent.

En se débrouillant à jeter les ordures  de la sorte, les citoyens de la capitale expriment leur ras-le-bol désormais, à travers ces déchets. Conakry, la capitale guinéenne, en produit d’ailleurs en quantités suffisantes : au moins 1000 tonnes par jour.

Ces actes de contestation débutent, il y a quelques mois voire l’année, sur la route « Le Prince ». Fatigués par l’absence des PME de collecte d’ordures, ces citoyens de la banlieue ont trouvé cette formule, jugée inique, mais qui a tout l’air d’une revendication.

 

De nos jours, à chaque mouvement de colère des citoyens, vous verrez des tas d’ordures. Que ça soit grève, marche de l’opposition, manque de courant électrique etc…, les tas d’ordures jonchent les rues. Parfois, ils bloquent complètement les carrefours, annihilant toute circulation des engins roulants.

Ce phénomène, tellement répandu, a atteint presque tous les quartiers de la capitale. Et les autorités assistent, quelques fois impuissantes, à la scène qui salit l’image de Conakry.

Depuis sa nomination, le Premier ministre Kassory Fofana, s’est donné le défi de rendre à la capitale sa propreté d’antan. De grandes opérations d’assainissement ont été lancées et continuent. Vu la situation qui perdure, la nécessité d’un vrai système de collecte et de ramassage de déchets s’impose.

«La propriété d’une ville est une question de professionnels, de techniciens et ces derniers existent en Guinée » affirmait à GuinéeTime Modi Mahi Barry, ancien DG du Service public de transfert de déchets.

Des tas d’immondices au carrefour menant au marché Concasseur, banlieue.

Conakry, comme Bamako et Niamey, accusent un retard par rapport à la moyenne des villes subsahariennes et ne montrent aucun signe de redressement, lit- on dans  “la cinquième édition du Bilan économique pour la Guinée, le Mali, le Niger et le Tchad”, une publication semestrielle de la Banque mondiale qui vient de paraître. Ce rapport pointe  le manque de services publics urbains et le faible accès à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement

«Pour devenir des moteurs de croissance et fournir des services publics adaptés, Bamako, Conakry et Niamey doivent améliorer leur urbanisme et leur organisation spatiale qui souffrent aujourd’hui de marchés fonciers peu efficaces ayant entraîné des investissements dans des bâtiments et infrastructures éloignés des centres-villes », explique Soukeyna Kane, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, le Niger, le Tchad et la Guinée.

«Des investissements insuffisants dans les infrastructures, notamment de transport public, ont aggravé les problèmes d’accessibilité et de mobilité urbaines. »

En misant sur l’atout d’une jeunesse de plus en plus nombreuse et en promouvant une gestion urbaine maitrisée, qui coordonne politiques publiques et investissements dans les infrastructures, Bamako, Conakry et Niamey pourront accélérer leur développement et offrir des opportunités économiques à l’ensemble de leur population..

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