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Un journaliste détenu en Guinée : Un «abus d’autorité » du ministre de la Justice, murmurent les confrères

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Conakry, Guinée : Le directeur de publication du site web «Nouvellesdeguinee » est à la Maison centrale de Conakry depuis vendredi, poursuivi par le ministre de la Justice, Me Cheick Sako,  himself, dans une affaire de «diffamation et injures » par voie de presse. Les journalistes, comme des présidents des associations de presse, évoquent un «abus d’autorité » car les délits par voie de presse en Guinée sont dépénalisés.

Demain lundi 25 Juin 2018, les principales associations de presse guinéenne (AGUIPEL, URTELGUI et AGEPI) ont rendez-vous pour un examen de ce dossier, qui irrite plus d’un. Une déclaration, en plus de la première de l’Association guinéenne de la presse en ligne, devrait en sortir pour alerter l’opinion sur ce que maints professionnels qualifient d’ «abus d’autorité » .

 Quelles diffamations ?

Le Journaliste MSD

Mamadou Saliou Diallo, puisque c’est de lui il s’agit, est «déféré » à la Maison centrale de Conakry après avoir été présenté à un juge. Une source proche du ministère de la Justice a informé samedi soir votre quotidien GuinéeTime des chefs d’accusation contre le journaliste Diallo, résident en France.

Dans un article publié sur son site, on reproche à «MSD »  d’avoir accusé sans preuves Me Cheick Sako, ministre guinéen de la Justice, Garde des Sceaux, d’avoir touché des pots de vin en milliers d’euros et un appartement en Espagne dans le dossier du projet de la prison moderne de Yorokoguiya, Dubréka.

Aussi, dans un dossier judiciaire  impliquant l’opérateur économique, Kassius Dioubaté, le directeur de publication de « NouvellesdeGuinée » aurait encore accusé le ministre Me Sako, d’avoir agi, en prenant un pot de vin.

Au total, selon Sekou Keita, Conseiller en communication du Ministre de la Justice, trois articles de presse jugés diffamatoires et inurieux, ont été publiés par le même auteur.

GuinéeTime ne retrouve pas les liens de ces articles. Surtout le premier dans lequel le journaliste évoquerait l’appartement de Barcelone.

Sekou Keita répond que si l’article a été retiré sur le site,  les copies existent et seront présentées au temps opportun.

Pire, la partie de l’officiel du gouvernement croit dur comme fer -et dit en avoir les preuves de manipulation du journaliste Mamadou Saliou Diallo par des gens tapis dans l’ombre, et qui en veulent à Me Cheick Sako.

«Abus d’Autorité ? »

Guinéetime a passé le week-end à relire la LOI ORGANIQUE  L/2010/02   /CNT DU    22     JUIN         2010, Portant      sur    la       Liberté        de      la       Presse  et Révisant La   Loi         Organique  L/91/005/CTRN/du       23     décembre    1991

Comme maints journalistes, des patrons de presse et même des commissaires de la Haute Autorité de la Communication (HAC), des zones d’ombre persistent.

A partir du moment où les délits par voie de presse sont dépénalisés dans notre pays, comment, Diantre, un journaliste peut être déféré à la Maison centrale.

«La détention préventive n’existe nulle part en ce qui concerne la procédure » impliquant un journaliste, conclut un président d’une association de presse guinéenne. Lequel cite un éminent avocat du barreau guinéen.

Ce que réfute le conseiller en communication du ministre de la Justice, Sekou Keita, qui  pense que le journaliste est un citoyen comme les autres. Mais reconnait qu’à la fin de la procédure, aucun magistrat guinéen ne peut condamner Mamadou Saliou Diallo à une peine d’emprisonnement ferme.

Aux yeux d’un autre président d’Association de presse, la détention préventive de Diallo n’est autre qu’un «abus de pouvoir » de la part du ministre Cheick Sako.

Du droit de réponse

Le législateur guinéen, dans l’article 18 de la présente loi, indique que : «Toute personne physique ou         morale        nommée,     mise  en      cause dans un      organe       de     presse         écrite,        de  presse  en     ligne, d’édition,   d’imprimerie, de librairie,         d’audiovisuel,      de photographie et        de      toute forme de     communication,         dispose       du     droit  de      réponse.

Le ministre Cheick Sako pouvait en faire aussi usage.

La diffamation, selon l’article 108, est «Toute  allégation   ou    imputation qui    porte         à l’honneur         ou à  la considération  de     la      personne   ou du         corps         auquel le    fait est  imputé ».

Un autre article, 109,  indique que les peines de 1 million gnf à  5 million gnf sont infligées à   toute personne    qui    diffame, à   raison  de     leur  fonction ou de  leur  qualité, un  ou plusieurs membres  de l’Assemblée   nationale, un     ou    plusieurs   membres         du    Gouvernement,   un ou           plusieurs agents  de     l’autorité    publique,   un ou     plusieurs citoyens        chargés      d’un mandat       public         temporaire  ou         permanent, un     juré   ou     un     témoin,       à raison de sa       déposition .»

A la HAC, GuinéeTime a été informé que cette affaire a été sue par voie de presse, tout comme les déboires du journaliste.

Ce que réfute le Conseiller en Communication du principal incriminé des articles du journaliste Diallo. Sekou Keita, qui se montre pourtatant  ami de la presse, fait cas d’une plainte déposée à la HAC au près de la présidente Mme Martine Condé et d’une copie à la DPJ. Le président de l’Aguipel, Amadou Tham Camara, lui n’a jamais vu sa copie.

Sinon, fait remarquer Tham Camara, au sein de son association, des mécanismes existent bien à l’interne pour régler de tels brûlants dossiers, sans jamais aller forcément devant les juridictions.

A suivre

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