Le rapport annuel de 2025 publié par l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB) de la Banque de France révèle une augmentation notable de l’adhésion à l’offre destinée aux clients en situation de fragilité financière. De plus, le document met en lumière une croissance préoccupante du surendettement, surtout parmi les jeunes, ainsi qu’une expansion des pratiques de paiements échelonnés et de l’octroi de micro-crédits.
Amélioration continue de la détection de la fragilité financière par les banques
À la fin de l’année 2025, 4,8 millions d’individus ont été reconnus par leur banque comme étant en situation de fragilité financière, représentant une augmentation de 5,1% par rapport à 2024. Cette hausse est attribuée à une meilleure identification réalisée par les banques. Effectivement, 89% des clients fragiles ont été détectés grâce à des critères préventifs, qui s’étendent au-delà des normes réglementaires exigées.
Identification de la fragilité financière
Les critères permettant de reconnaître une situation de fragilité financière sont stipulés par la loi et comprennent des éléments tels que :
- Une inscription au Fichier central des chèques pour plus de trois mois consécutifs (chèque sans provision ou retrait de carte bancaire par la banque)
- La recevabilité d’un dossier de surendettement par la commission
- Des irrégularités dans la gestion du compte ou des incidents de paiement récurrents (au moins cinq durant un même mois) sur une période de trois mois consécutifs
- Le montant des ressources créditées sur le compte.
Cette information est disponible sur le site internet de chaque banque. Des critères additionnels peuvent également être appliqués, comme une inscription au FICP en cas d’incident de remboursement de crédit.
Les modalités de détection de la fragilité financière sont également accessibles sur le site de la Banque de France.
« L’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB) est chargé d’une mission essentielle : garantir que chaque citoyen puisse accéder aux services bancaires nécessaires et que notre système financier contribue à l’inclusion sociale. Depuis 2014, il s’assure que les populations, en particulier les plus vulnérables, bénéficient d’un accompagnement, d’une information et d’une protection efficaces par le biais des dispositifs d’inclusion financière existants. »
Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France.
Augmentation de l’adhésion à l’offre spécifique pour la clientèle fragile (OCF)
Quand un individu est identifié comme financièrement fragile par sa banque, celle-ci doit lui proposer l’offre spécifique pour la clientèle fragile (OCF). À la fin de 2025, 1,2 million de personnes bénéficiaient de cette offre.
L’OIB met en avant les bonnes pratiques des banques, qui peuvent exempter les bénéficiaires de l’OCF de certains frais, notamment ceux liés aux incidents bancaires. La législation a fixé un plafond pour ces frais à 20 € par mois et 200 € par an. En pratique, les frais varient de 15 à 20 € par mois, avec un montant moyen annuel des frais d’incidents fixé à 37 € pour les détenteurs de l’OCF.
Les frais d’incidents bancaires diminuent également pour les personnes identifiées comme fragiles financièrement, même sans souscription à l’OCF : une baisse de 29,6 % de 2019 à 2025, passant de 151 € à 106 €.
Le surendettement en augmentation, particulièrement chez les jeunes de 18 à 29 ans
Sur un an, le nombre de dossiers de surendettement déposés a crû de 9,8 % par rapport à 2024, avec 148 013 dossiers soumis. Entre 2023 et 2024, l’augmentation avait été de 10,8 %. Pour les cinq premiers mois de 2026, elle atteint 10,7 % en comparaison avec la même période en 2025.
L’Observatoire est particulièrement préoccupé par l’augmentation du surendettement chez les jeunes, notamment ceux âgés de 18 à 29 ans, qui représentaient 12 % des dossiers en 2025 (contre 5 % en 2022).
Cependant, l’OIB note une baisse globale du nombre total de personnes surendettées sur les dix dernières années, avec un niveau de dépôts toujours inférieur à celui de 2015 (-32 %).
Paiements échelonnés et micro-crédits
Un autre sujet de préoccupation pour l’OIB est la propagation des solutions de financement qui facilitent une consommation immédiate : les paiements échelonnés et les micro-crédits, représentant 14,6 % des crédits à la consommation (hors découverts) en 2025.
Ces modes de crédit « présentent des risques accrus pour les populations fragiles, en particulier les jeunes », d’après le rapport de l’Observatoire. Ce dernier « recommande vivement la consultation systématique du Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) par tous les acteurs avant l’octroi d’un crédit ».
À partir de fin novembre 2026, les paiements échelonnés et les micro-crédits seront régis par les mêmes règles que les crédits à la consommation, suite à la transposition en droit français de la nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation.
Nombreuses initiatives pour soutenir les victimes de violences économiques intrafamiliales
L’Observatoire de l’inclusion bancaire met également en lumière les initiatives, notamment celles des associations, des banques, des conseils départementaux de l’inclusion financière, et de la Banque de France, pour soutenir et informer les victimes de violences économiques intrafamiliales.
Par exemple, une personne ne disposant que d’un compte joint, à qui l’ouverture d’un compte individuel serait refusée, peut bénéficier de la procédure de droit au compte. Pour justifier de leur domicile, les victimes de violences conjugales peuvent présenter une attestation d’élection de domicile ou une attestation d’hébergement établie par une personne morale ou physique.
Sur le site de la Banque de France, les victimes de violences économiques peuvent trouver des informations utiles concernant le secteur bancaire et assurantiel, ainsi que des contacts pour les aider dans leurs démarches.
L’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB), dirigé par le Gouverneur de la Banque de France et composé de représentants d’associations, de banques et des autorités publiques, veille à la mise en œuvre des dispositifs d’inclusion financière pour tous, en particulier pour les personnes les plus vulnérables financièrement, et à la prévention du risque de surendettement.

Je suis Aurélie. En tant que membre dynamique de l’équipe Guineetime, je vous guide à travers les évolutions économiques et culturelles. Ma passion pour l’innovation vous aide à anticiper les grands changements.
