« Excusez-moi… » Au bout du fil, Lise est submergée par l’émotion. Depuis quelques jours, cette habitante de Mazamet, âgée de 24 ans et travaillant dans l’industrie du cuir, est marquée par un traumatisme et un sentiment d’injustice intense. Le mercredi 20 mai, elle ne s’attendait pas à ce que son trajet matinal vers son travail prenne une tournure aussi brutale.
L’incident s’est produit vers 8 heures dans la commune d’Aussillon. Alors qu’elle roulait sur la route départementale, un conducteur aurait ignoré un panneau de « cédez le passage » sur sa gauche, lui coupant brusquement la route. « Je roulais à environ 60 km/h et la seule option qui s’offrait à moi était de le dépasser pour éviter une collision », explique Lise. Contrainte de se rabattre rapidement à cause du trafic, elle freine brusquement, ce que le conducteur suivant a perçu comme une provocation.
« Personne n’est intervenu »
L’homme l’a ensuite dépassée avec agressivité et a bloqué la route pour l’empêcher de repartir. « Il est descendu de sa voiture, vêtu de l’uniforme de l’ONF de la tête aux pieds. Il a frappé violemment ma portière, l’a ouverte et m’a tirée dehors de force », poursuit-elle. Prise à la gorge par sa ceinture de sécurité, elle réussit à se détacher juste à temps avant d’être secouée et frappée. « J’ai tenté de me défendre, de lui donner une gifle. Je me suis retrouvée projetée contre ma voiture. Heureusement que je pratique la boxe, sinon j’aurais reçu des coups au visage. Cela m’a sauvé. »
Plus que la violence physique, c’est l’indifférence des autres conducteurs qui a choqué la victime. Malgré l’heure de pointe et ses cris à l’aide, personne n’a réagi, selon elle. « Une femme s’est arrêtée, je lui ai demandé d’appeler la police, mais elle est repartie. Les gens continuaient à passer à côté de nous sur la route, complètement indifférents », dit-elle, encore traumatisée par l’événement.
La conductrice a finalement réussi à se réfugier dans son véhicule et à prendre en photo la plaque d’immatriculation de l’agresseur. En larmes, elle a rejoint son lieu de travail qui se trouvait à deux minutes de là, avant que son employeur ne la conduise au commissariat.
Versions divergentes et enquête en cours
Après avoir été examinée à l’hôpital, elle présente une déchirure musculaire au mollet, des douleurs cervicales et un avant-bras contusionné pour avoir paré les coups, en plus de multiples ecchymoses sous les bras. Elle a été de nouveau entendue au commissariat de Mazamet le vendredi 22 mai en début d’après-midi et a porté plainte.
Interrogée, la procureure de la République de Castres, Élodie Buguel, confirme qu’une enquête a été ouverte « afin de déterminer précisément les circonstances des faits au regard des témoignages divergents des parties impliquées, pour établir si des violences ont été commises et, le cas échéant, par qui ». Une confrontation entre la plaignante et l’agent de l’ONF devrait être organisée prochainement.
Sollicité, l’ONF n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.

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