Défi de la Fed: Tensions croissantes avec la Maison Blanche!

Défi de la Fed: Tensions croissantes avec la Maison Blanche!

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Le rapport récent du Federal Open Market Committee (FOMC) des États-Unis, qui couvre les discussions tenues les 28 et 29 juillet, révèle des éléments inattendus : en dépit des pressions politiques, la Réserve fédérale américaine (Fed) montre une détermination impressionnante. Alors que depuis longtemps, l’administration de la Maison Blanche favorise une politique monétaire souple, trois participants du comité ont proposé une augmentation des taux d’intérêt.

Kevin Warsh, une nomination de Trump à la présidence de la Fed

Dans ce contexte, rappelons que Jerome Powell, dont le mandat de président a pris fin au printemps, a été remplacé par Kevin Warsh, une nomination effectuée par Donald Trump. Cette nomination a suscité des inquiétudes parmi ceux qui défendent l’indépendance des banques centrales, car le président américain a fréquemment exprimé son opposition à une politique monétaire restrictive, exhortant régulièrement la Fed à réduire ses taux. Placer un proche allié à la tête de l’institution semblait être une stratégie efficace pour la contrôler.

Salle d'audience vide symbolisant une nomination controversée à la Fed
La nomination à la tête de la Fed suscite débats et inquiétudes sur son indépendance.

Il est dans ce cadre que la notion de « dominance budgétaire » reprend de l’importance. Ce concept fait référence à une situation où la banque centrale adapte sa politique monétaire aux besoins de financement du gouvernement, par exemple en maintenant des taux d’intérêt bas pour réduire le fardeau de la dette nationale, au risque de compromettre son objectif de stabilité des prix. Avec une dette publique massive et un déficit continu, la tentation est grande : chaque point de pourcentage de réduction des taux représente des économies substantielles sur le service de la dette.

L’inflation persistante aux États-Unis

Pourtant, à ce jour, rien n’indique que la Fed a succombé à cette logique. La principale raison en est l’état de l’inflation, qui reste bien au-delà de l’objectif de 2 %. L’inflation des prix à la consommation était de 4,1 % en mai, avant de baisser à 3,7 % en juin selon les prévisions des experts de la banque centrale. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation, reste fixée à 3,3 %.

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Étagères de supermarché et étiquettes de prix illustrant la hausse de l'inflation
L’inflation core et globale reste au‑dessus des objectifs de la Fed.

Plusieurs chocs d’offre ont eu lieu : les effets des tarifs douaniers mis en place ces dernières années, la hausse des prix de l’énergie due au conflit au Moyen-Orient, et même le boom des investissements dans l’intelligence artificielle, ce qui a poussé à la hausse les prix des matériaux (semi-conducteurs, acier) et de l’électricité. Il est important de noter que plusieurs membres du comité ont souligné que même en excluant les prix directement impactés par les tarifs douaniers et l’énergie, l'inflation sous-jacente reste élevée. Autrement dit, le problème n’est pas seulement temporaire.

La Fed : une posture plus rigide que jamais

Face à cette situation, le comité a opté pour le statu quo : le maintien de la fourchette cible des taux au jour le jour entre 3,50 % et 3,75 %. Cependant, derrière cette décision de ne rien changer, la résolution est évidente. Trois membres ont voté contre cette décision, non pour demander une baisse, mais pour exiger une augmentation de 25 points de base. Ce degré de dissension est rare et envoie un message fort sur la fermeté de l’institution.

La déclaration issue de la réunion insiste sur le fait que « le Comité maintiendra la stabilité des prix ». Autrement dit : « notre objectif est inaliénable, quelles que soient les pressions politiques ».

De plus, les marchés semblent confiants dans la crédibilité de la banque centrale. Selon les minutes de la réunion, les investisseurs anticipent une hausse de 25 points de base d’ici à septembre, et une autre d’ici le premier trimestre 2027. L’inflation de long terme compensée, c’est-à-dire l’inflation attendue par les marchés à long terme, reste stable et alignée sur l’objectif de 2 % : signe que la Fed garde la confiance du public malgré plusieurs années d’inflation au-dessus de sa cible. C’est précisément le contraire de ce que souhaite la Maison Blanche.

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Le danger de la dominance budgétaire

Peut-on pour autant écarter le risque de dominance budgétaire ? Pas encore.

Premièrement, parce que la rigidité actuelle a un prix : des taux plus élevés augmentent le poids de la dette publique, et la tentation politique de contrôler la banque centrale ne fera que s’intensifier.

Ensuite, parce que la situation économique des ménages américains se détériore : plusieurs membres du comité observent que les foyers à revenus modestes et moyens voient leur revenu réel diminuer à cause de l’inflation, rendant les baisses de taux attrayantes sur le plan politique.

Mais pour l’instant, le verdict est clair : la nouvelle Fed, dirigée par un président nommé par Donald Trump, reste une banque centrale autonome. L’indépendance des banques centrales n’est pas une notion abstraite : elle se manifeste mois après mois à travers des décisions pragmatiques. Les futures réunions du FOMC détermineront si cette résilience est durable ou juste un moment de résistance.

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