Les escroqueries liées aux cartes de crédit diminuent tandis que celles associées aux chèques restent constantes. Cependant, les fraudes par manipulation (conseiller bancaire imposteur, substitution d’IBAN) ont connu une hausse de 34 % en un an, d’après les chiffres de l’Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement de la Banque de France pour l’année 2025.
Dans son dixième rapport annuel, l’Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement (OSMP) de la Banque de France présente un état des lieux de l’évolution de la fraude sur les moyens de paiement scripturaux pour l’année 2025.
La somme totale des fraudes a crû de 3,8 % en un an, atteignant 1,2 milliard d’euros. Toutefois, le nombre de transactions frauduleuses a réduit de 7,6 %. En 2025, 7,2 millions d’opérations frauduleuses ont été comptabilisées.
L’augmentation de la fraude est moindre que celle de l’utilisation des moyens de paiement scripturaux.
Expansion des nouvelles pratiques des moyens de paiement scripturaux
En 2025, 35,6 milliards de transactions ont été effectuées par carte, chèque, virement, prélèvement et autres moyens de paiement scripturaux, marquant une hausse de 5,5 % par rapport à 2024.
Le volume des paiements scripturaux a progressé de 4,2 % sur un an, atteignant un total de 36 264 milliards d’euros.
Près de 63 % des paiements scripturaux sont effectués par carte
- L’utilisation de la carte bancaire continue de se développer. Elle demeure le moyen de paiement préféré des Français. Les transactions par carte bancaire représentent 62,7 % des transactions (contre 62,1 % en 2024).
- Le paiement sans contact gagne également du terrain : il constitue 72 % des paiements par carte dans les commerces de proximité (contre 68 % en 2024).
- Le paiement par carte via mobile s’accroît aussi : il représente plus de 19 % des paiements de proximité par carte (contre 15 % en 2024),
Augmentation significative des virements instantanés
L’utilisation du virement instantané se développe rapidement. Sa fréquence a augmenté de 78 % en nombre de transactions et de 118 % en montant. En 2025, il représente 17 % des virements émis (contre 10 % en 2024), soit un virement émis sur six.

L’utilisation du chèque continue de reculer (-16 % en montant, -14 % en nombre de chèques émis). Le nombre de chèques échangés a diminué de 46 % par rapport à 2020. Il ne représente plus que 1,9 % des transactions (hors paiements en espèces).
Volume des fraudes
Le montant des fraudes augmente malgré une réduction du nombre de transactions frauduleuses.
Le montant global des fraudes aux moyens de paiement scripturaux s’élève à 1,241 milliard d’euros (en hausse de 3,8 % par rapport à 2024). Mais le nombre de transactions frauduleuses diminue de 7,6 % (7,2 millions de transactions fraudées).
Diminution des fraudes sur les cartes bancaires
Le montant des fraudes sur les cartes de paiement (émises en France) atteint 475 millions d’euros, en baisse de 8,6 % par rapport à 2024.
En 2025, le taux de fraude sur les cartes atteint son niveau le plus bas : 0,0472 % (contre 0,0531 en 2024). Ce sont les paiements par carte sur internet qui restent les plus vulnérables à la fraude : ils représentent 70 % de la fraude sur les cartes, pour seulement 27 % du montant total des paiements par carte. Toutefois, leur taux de fraude, de 0,124 %, est en baisse par rapport à 2024 (0,155 %). Il a diminué de 50 % depuis 2020.
Les fraudes sur les retraits par carte augmentent, le taux de fraude passant de 0,031 % en 2024 à 0,033 % en 2025, « en raison de l’augmentation des fraudes liées aux faux coursiers » indique la Banque de France.
Stabilité des fraudes sur le chèque
Le taux de fraude sur le chèque (0,069 %) reste stable sur deux ans. Toutefois, il reste le moyen de paiement affichant le taux de fraude le plus élevé, selon les données de l’Observatoire. Le vol ou la perte de chèques compte pour 90 % des fraudes sur les chèques, pour un montant moyen de fraude de 1 348 €. En revanche, les fraudes par détournement sont moins fréquentes (1 % de la fraude sur le chèque) mais leur montant moyen s’élève à 13 679 €.
L’Observatoire souligne que « l’acheminement des chéquiers reste un point vulnérable dans le cycle de vie des chèques ». Il conseille aux banques de favoriser le retrait de chéquier en agence, sans frais supplémentaire pour le client. À défaut, l’envoi par courrier doit être sécurisé et suivi. La banque doit envoyer un double message au titulaire du compte : le premier pour annoncer l’envoi du chéquier et le deuxième pour informer de l’arrivée présumée du chéquier à destination. Cette recommandation devrait être appliquée par les banques d’ici décembre 2026.
Augmentation des fraudes aux virements
Le virement est le moyen de paiement scriptural le plus touché par la fraude : 39 % des fraudes, contre 30 % en 2024. Les fraudes aux virements résultent principalement de détournements (61 %), suivis de faux (27 %) et de falsifications (3 %).
Ce sont les virements initiés via les services de banque en ligne qui sont les plus touchés. Selon le rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, « les fraudeurs utilisent des techniques de récupération d’accès à ces solutions par hameçonnage et des techniques de manipulation pour convaincre leurs victimes de fournir une donnée sensible ou de valider une opération ».
Le taux de fraude des virements instantanés est de 0,041 %, en baisse sur un an (0,046 % en 2024). Et ce taux est inférieur à celui de la carte (0,49 %).
La fraude par manipulation progresse de 34 % sur un an
La fraude par manipulation a connu une croissance significative depuis 2021 (+43 % entre 2021 et 2024), avec une augmentation encore plus marquée en 2025 (+34 % sur un an) pour atteindre 516 millions d‘euros.

Elle représente 41,6 % du montant total des fraudes aux moyens de paiement en 2025. Sa part a doublé en quatre ans. Elle inclut la fraude au faux conseiller bancaire, la fraude au faux service anti-fraude de la banque, la fraude au Président et la fraude par substitution d’IBAN.
Ces manipulations téléphoniques sont rendues possibles grâce à la récupération des données personnelles, qui crédibilisent le discours tenu par l’auteur de la fraude, via des fuites de données, de fausses publicités ou encore de sites miroirs.
Actions pour lutter contre la fraude par manipulation
Pour combattre les fraudes par manipulation, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement met en place des actions de coopération avec différents acteurs concernés. Le secteur des télécommunications est impliqué pour la mise en œuvre de mécanismes d’authentification des numéros de téléphone.
L’OSMP souhaite également développer dans les prochains mois une coopération avec les principaux acteurs du numérique, tels qu’Apple, Google, Meta ou TikTok, pour faire face aux fraudes permises par les fonctionnalités des applications de messagerie instantanée et par les réseaux sociaux.
Les banques et le secteur des télécommunications réfléchissent à la mise en place d’un numéro court et unique « anti-fraude » qui permettrait à toute personne recevant un appel suspect ou suspectant une fraude de contacter facilement le service de lutte contre la fraude de son établissement bancaire. Un tel numéro de téléphone (159) est déjà en place au Royaume-Uni.
Comment prévenir les fraudes aux moyens de paiement ?
Des fiches ont été élaborées à l’initiative de l’Observatoire, offrant des conseils de prudence pour répondre aux principaux risques de fraude liés à la carte bancaire, au chèque, au virement et au prélèvement.
Il est conseillé de ne jamais divulguer à quiconque, y compris à sa propre banque (qui ne le demandera jamais), ses identifiants, mots de passe et codes confidentiels liés à ses moyens de paiement.
Il ne faut jamais accéder à son compte bancaire en ligne via un lien fourni par e-mail ou SMS. Il est essentiel de toujours saisir directement l’adresse Internet de sa banque.
Il ne faut jamais communiquer les données de sa carte bancaire après avoir cliqué sur un lien reçu par SMS ou e-mail. De même, il ne faut jamais remettre sa carte à un tiers, y compris à un coursier, quel que soit le prétexte invoqué.
Lors de l’ajout de bénéficiaires dans son espace bancaire en ligne, il est crucial de s’assurer qu’il s’agit d’une personne de confiance et de vérifier ses coordonnées bancaires au préalable, notamment par un contre-appel.
Il ne faut jamais accepter d’encaisser un chèque dont le montant est supérieur à celui dû, ou pour le compte d’une tierce personne, surtout lorsqu’une urgence est invoquée.
Comment réagir en cas de fraude ?
En cas de perte ou de vol de moyens de paiement, ou de transactions frauduleuses observées sur son compte bancaire, il est crucial de réagir le plus rapidement possible.
– Faites immédiatement opposition au moyen de paiement auprès de votre banque, pour empêcher toute nouvelle transaction frauduleuse ;
– Signalez les transactions frauduleuses aux forces de l’ordre. Vous pouvez également porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie ;
– Contactez votre banque pour contester les transactions frauduleuses et obtenir, selon les cas, un remboursement du montant de la fraude.
Conservez tous les éléments de preuve de la fraude dont vous êtes victime (y compris les appels et messages reçus du fraudeur) et des démarches entreprises après la découverte de la fraude (opposition, dépôt de plainte, échanges avec votre banque…).

Je suis Aurélie. En tant que membre dynamique de l’équipe Guineetime, je vous guide à travers les évolutions économiques et culturelles. Ma passion pour l’innovation vous aide à anticiper les grands changements.
