Il tire à quatre reprises dans le véhicule de son adversaire : les protagonistes d’un règlement de compte armé devant la justice

Quatre coups de feu sur la voiture d’un rival: les acteurs d’un conflit armé face à la justice

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Devant le tribunal, les accusés se passaient le microphone avec précaution à chaque fois que l’un d’entre eux devait parler, échangeant des regards furtifs et se référant à leurs coaccusés par des surnoms. Cela pourrait-il être interprété comme un signe de réconciliation ou plutôt comme la crainte de conséquences plus graves ?

Une bagarre violente avec des armes a conduit ces six hommes devant le juge le 26 juillet dernier à Montpouillan, près de Marmande. Ils sont divisés en deux groupes de trois, chacun avec un passé judiciaire chargé, âgés de 26 à 41 ans. A. G., arrêté pour des délits antérieurs, participe à l’audience via vidéoconférence.

Les enquêteurs, après de multiples auditions, analyses électroniques et investigations sur le terrain, ont établi que cette confrontation était le résultat de menaces téléphoniques entre deux des hommes, A. G. et J.-G. C. Le différend serait né de propos tenus envers l’ex-petite amie de l’un d’eux, incitant A. G., âgé de 34 ans, à menacer le groupe adverse en déclarant qu’ils arriveraient « avec des Kalachnikov ».

Munitions utilisées retrouvées sur place

Le véhicule Citroën d’A. G., avec un compagnon, arrive sur un terrain où se trouvent des mobile homes. Voyant cela, la personne menacée et ses deux amis, T. J. et K. K., prennent les armes. J.-G. C. admet avoir tiré en l’air.

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Le passager de la voiture appelle son frère cadet pour qu’il vienne sur place, armé. Un sixième homme arrive alors, armé d’une arme airsoft, qu’il pointe sur J.-G. C., lui ordonnant de s’agenouiller.

Dans le tumulte, trois coups de fusil sont tirés sur le véhicule C8. L’enquête révèle que T. J. serait le tireur, agissant sous les ordres de J.-G. C. « Un des tirs a visé le véhicule à hauteur d’homme et en direction d’un mobile home où se trouvaient deux personnes », explique la procureure. Aucun des trois n’accepte de prendre la responsabilité de ces actes devant le tribunal. Des cartouches utilisées, correspondant à l’arme à feu en question, ont été trouvées sur les lieux.

Témoignages peu convaincants

Les accusés sont peu enclins à avouer. Ils nient avoir agressé, menacé ou utilisé une arme. Leurs souvenirs sont imprécis, leurs déclarations ambiguës. J.-G. C., identifié comme celui ayant incité à tirer, tente de s’attribuer la responsabilité des autres tirs, bien que l’enquête le disculpe de ces actes. « C’est moi », déclare-t-il soudainement.

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Cependant, la juge décide de suivre les conclusions de l’enquête, ignorant les dénégations et les explications floues présentées lors de l’audience. « Ce qui est exprimé aujourd’hui reflète la domination du plus fort. On évite de parler pour ne pas s’attirer d’ennuis. On se protège en essayant de disculper un complice », commente-t-elle.

A. G., défendu par Maître Jean-François Renaudie, est acquitté des accusations de violence mais condamné à six mois de prison pour menaces. T. J., représenté par Maître Patricia Dumens, reçoit la peine la plus lourde avec deux ans de prison, dont un avec sursis, converti en assignation à résidence sous surveillance électronique. Cette peine est moins sévère que les deux ans fermes initialement requis. L’homme ayant appelé son frère en renfort, accusé de complicité de violence armée et de menaces, est acquitté de toutes les charges.

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