9 suspects arrêtés, 20 000 euros de gains par semaine : 5 membres du réseau de narcotrafiquants n’ont jamais été condamnés

Réseau de Drogue Démantelé : 9 Arrestations, 20 000 Euros de Profit Hebdomadaire

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Dans une salle d’audience bondée, neuf accusés se tiennent côte à côte, entourés d’autant d’avocats, certains devant eux, d’autres près des parties civiles pour plus d’espace, avec douze gendarmes présents en plus des sécurités habituelles.

Les accusés étaient impliqués dans le commerce de cocaïne et de cannabis.
DDM ILLUSTRATION – SEBASTIEN LAPEYRERE

Le tribunal de Montauban était le théâtre d’une atmosphère peu commune le vendredi 20 mars 2026. À 14 heures, la salle Olympe-de-Gouges accueillait le procès d’un important réseau de trafic de drogue, touchant plusieurs départements en plus du Tarn-et-Garonne.

« Une pratique contestable »

Les bancs des accusés comptent sept hommes et deux femmes, tous de diverses localités comme Montauban, Caussade et Nègrepelisse, arrêtés le lundi précédent. Leur sort ne serait pas décidé immédiatement après le procès.

Face à un dossier aussi complexe, les avocats ont demandé un report du procès. Me Jérémie Gloriès, défenseur de Mohamed, la personne chez qui la drogue était stockée, critique ouvertement la procédure. « Nous sommes forcés de solliciter un report, c’est une pratique contestable. Je viens de sortir de la salle des comparutions immédiates et je dois défendre un client dans un dossier aussi conséquent trois heures après… La logique du parquet m’échappe, » proteste-t-il.

« Comment monter une défense adéquate dans ces conditions? »

Me Amélie Villageon, pendant les 45 minutes des plaidoiries, exprime son mécontentement : « Les conditions sont inadéquates. J’ai dû rencontrer mon client sur le parking faute de place. Nous avons affaire à un dossier de deux tonnes et demie… »

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Me Mustapha Drissi, défendant Louennig, renchérit : « On me demande de digérer 500 pages en deux minutes… Comment puis-je préparer une défense adéquate? » Me Amélie Piazzon, pour Lucie, ajoute que son client, dont le casier est vierge et qui n’avait jamais été en garde à vue, n’a « pas même reçu le dossier de l’enquête avant l’audience ».

Cinq accusés sans antécédents

Malgré les critiques des avocats, la présidente Aude Sallafranque examine la personnalité de chaque accusé pour décider de leur possible libération sous contrôle judiciaire ou leur maintien en détention jusqu’au procès.

Virginie, mère célibataire de deux enfants et primo-délinquante, et Lucie, une jeune femme de 20 ans également novice en matière de justice, sont parmi ceux sans antécédents. Louennig et Hugo, également sans histoires passées mais accusés de possession d’une arme, ainsi que Mohamed, sans casier mais avec un poing américain et responsable de la garde de la drogue, complètent ce groupe.

Sept demandes de détention

Malgré leurs casiers vierges, la procureure adjointe Manon Noël maintient une position ferme. Lucie et Virginie pourraient être libérées sous contrôle, mais elle suggère la détention pour les trois hommes. « Les conséquences des actes doivent être assumées, » déclare-t-elle fermement.

Me Gloriès, défenseur de Mohamed, critique cette norme de détention provisoire qui devrait rester une exception : « Il n’a jamais été en garde à vue, n’a aucun antécédent, pas d’addiction, un emploi stable et a toujours vécu dans le département. S’il est détenu, il perd son travail. C’est inadmissible de demander cela alors qu’il n’encourra probablement pas de peine ferme. C’est une erreur de parcours, » plaide-t-il, demandant un contrôle judiciaire.

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« Une prise de conscience a été faite »

Me Villageon, avocate d’Hugo, souligne une prise de conscience de son client, survenue entre l’intervention de la gendarmerie et le début de la détention, dans un contexte de surpopulation carcérale. « Il avait même arrêté avant son arrestation, » dit-elle.

Me Caroline Chérel défend Kévin, père de famille, en jouant sur la corde sensible de la famille : « Il a deux enfants à charge, sa compagne ne travaille pas. C’est lui qui subvient aux besoins de sa famille. »

Un accusé déjà sous sursis probatoire

Guillaume, déjà sous sursis probatoire lors des faits, ne suscite aucun débat quant à son cas. « C’est une mesure qui s’avère efficace, » ironise même la présidente. Kévin, désireux de rentrer chez lui, compte dix condamnations à son actif.

Bastien, 25 ans, a été condamné à quatre mois avec sursis probatoire en 2021 pour des dégradations. Les antécédents de Cédric ne jouent pas en sa faveur, d’autant plus qu’un précédent sursis a été révoqué pour non-respect des conditions.

Après une délibération d’une heure et quart, quatre des neuf accusés sont maintenus en détention provisoire, tandis que les cinq autres sont placés sous un contrôle judiciaire strict.

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