Il joue au "pas vu, pas pris" avec la justice, un chauffard visé par un mandat d’arrêt après une série de refus d’obtempérer

Chauffard en fuite: Ignorant la justice, un mandat d’arrêt lancé après multiples délits!

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« Il n’a pas fait acte de présence… Il semble jouer à cache-cache. Il m’a téléphoné à 10 heures en affirmant qu’il était en route, puis silence radio. Je l’ai rappelé trois fois sans obtenir de réponse. Je crois qu’il redoute le verdict. »

Me Fabbri ressent également le poids de l’attitude de son client. Il ne rompt pas avec lui, mais son absence complique la situation. En ce début d’année 2026, au tribunal de Foix en Ariège, le jeune homme de 28 ans est introuvable. Malgré cela, la présidente du tribunal continue l’audience en listant les accusations portées contre lui.

Trois accusations formulées

Retour sur les faits. Le 11 septembre 2023, à 11 heures, rue Jacquard à Lavelanet. L’individu fait crisser les pneus de son véhicule, soulevant un nuage de poussière et captant l’attention. Les gendarmes activent alors leurs gyrophares et sirènes. La course-poursuite commence. L’accusé accélère, slalome à travers le centre-ville, emprunte une rue en sens interdit, et brûle un feu rouge, tout cela dans le but de s’échapper.

Convoqué ultérieurement, il est établi que le véhicule a été acheté à son nom en mars 2023. Cependant, lors de son audition, il nie être le conducteur ce jour-là, affirmant avoir prêté la voiture à un voisin. Cette version est immédiatement contredite par ledit voisin.

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Les ennuis ne s’arrêtent pas là pour lui. Le 18 avril 2024, il est à nouveau aperçu au volant de sa Citroën C3. Sa conduite est incertaine. Arrêté, il est testé positif aux stupéfiants et conduit sans assurance. Son permis est sur-le-champ suspendu. Néanmoins, trois jours plus tard, le 21 avril, il est encore vu au volant, doublant d’autres voitures. Arrêté de nouveau, le jeune homme persiste dans sa défense : ce n’était pas lui, mais un ami.

« Il tente le coup du ‘si on ne me voit pas, je ne risque rien' »

Cette défense exaspère le ministère public. « Il tente le coup du ‘si on ne me voit pas, je ne risque rien’. Cette voiture lui appartient, malgré des explications peu convaincantes. » Le procureur demande huit mois de prison, six mois d’interdiction de conduire et émet un mandat d’arrêt.

Quand vient le moment de la défense, Me Fabbri décide de garder le silence. Il a espéré jusqu’au dernier moment que son client franchirait les portes du tribunal. En vain. Il choisit donc de ne pas plaider, non par désengagement, assure-t-il, mais par principe. En droit pénal, l’absence du prévenu nécessite une procuration écrite pour que l’avocat puisse le représenter.

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« Cela protège ma responsabilité et conditionne également ma rémunération », explique-t-il au téléphone quelques jours après, alors que nous cherchons à comprendre. « Sans cela, je ne peux pas intervenir. Par souci d’équité entre les clients et de responsabilité professionnelle, nous ne pouvons pas agir. »

L’audience se termine ainsi. Sans l’accusé. Sans plaidoirie. Le tribunal suit les demandes du procureur : huit mois de prison, 300 euros d’amende pour conduite sans assurance, 100 euros de plus pour les autres infractions. Le véhicule est confisqué, le permis suspendu. Et le banc des accusés reste désespérément vide…

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