Durant plusieurs mois, il a endossé le rôle de psychologue dans le département du Gers, effectuant des visites à domicile, prenant des notes et discutant avec les enfants dans leurs chambres tout en acceptant les paiements. Tout le monde était dupé, à l’exception d’une mère.
Cet individu, qui ne possédait aucun diplôme officiel, se rendait chez des familles gersoises pour réaliser de prétendues séances de thérapie, trompant les parents et abusant sexuellement d’un jeune garçon. Sa partenaire, également atteinte d’un trouble, assumait le rôle de secrétaire.
Il était presque une heure du matin devant le tribunal d’Auch, désormais désert, lorsque des cris ont brisé le silence de la nuit du vendredi 20 mars. Cette mère, les yeux emplis de larmes et la voix brisée par la rage, n’a pas pu retenir sa douleur devant les marches du tribunal.
Depuis cinq ans, elle portait ce dossier comme une blessure ouverte, espérant que la justice apporterait une forme de réparation à son fils, qui avait quatre ans au moment des faits. Quentin F., 35 ans, diagnostiqué avec un trouble du spectre autistique, s’est retrouvé devant les juges pour une affaire aussi sombre qu’invraisemblable.
Après une longue audience de près de cinq heures, le tribunal correctionnel a prononcé son verdict peu avant une heure du matin. Pour la mère du jeune Maxime*, la mesure de suivi socio-judiciaire de six ans décidée par les juges ne suffisait pas à guérir la blessure.
Le piège d’internet et une confiance violée
L’histoire a commencé en novembre 2021, quand les premiers doutes ont émergé. Maxime vivait une période difficile et sa mère recherchait l’assistance d’un expert. Le nom de Quentin F. est apparu sur une plateforme listant des psychologues, avec un profil garni de commentaires positifs. Le suspect allait plus loin, postant des avis sur des forums en ligne et des groupes sur Facebook.
Ce que la mère ignorait, c’était que le « thérapeute » avait écrit ces commentaires lui-même. La compagne du faux psy, âgée de 29 ans, qui jouait le rôle de secrétaire, prétendait ignorer les agissements obscurs de son compagnon.
Lors de la première consultation, le trentenaire s’est isolé dans la chambre avec l’enfant. « J’avais un mauvais pressentiment », a-t-elle déclaré au tribunal.
Pendant de longues minutes, la mère a entendu des rires et des discussions, puis plus rien. Le silence. En ouvrant la porte, elle a trouvé Quentin F. en train de rhabiller son fils, lui mettant ses chaussettes sur le lit.
Un visage pour accéder aux enfants?
« Cette image, personne ne pourra me la retirer de la mémoire. » Après avoir sécurisé son enfant et réglé la consultation, elle a recueilli ses confidences qui ont confirmé l’agression. Une plainte a été déposée immédiatement.
L’enquête a mis en lumière l’étendue de l’escroquerie : numéro SIREN falsifié, faux diplômes, usurpation du titre de docteur en psychologie, et aucune trace auprès de l’Agence Régionale de Santé ou de l’université où il prétendait avoir été formé.
Arrêté et placé en garde à vue, l’homme a avoué les attouchements sur Maxime, tout en niant une autre accusation concernant la sœur de sa compagne. Face aux juges, il a parlé de « pulsions » et de « massages » censés « détendre » ses jeunes patients. Y a-t-il d’autres victimes? Aucune autre plainte n’a été déposée.
Reste à savoir si cette entreprise était un moyen détourné de satisfaire ses pulsions?
Malgré son autisme, Quentin était conscient de l’interdit : « Vous faites tout pour vous rapprocher des enfants », a souligné le juge. Sa compagne, quant à elle, semblait perdue face aux questions du tribunal. La question de l’altération du discernement au moment des faits a été posée. Représentée par Me Patrick Kabou, elle a finalement été acquittée, bénéficiant du doute.
Une sentence jugée insuffisante par les parties civiles
Mes Éléonore Paré, François Roujou de Boubée, Isabelle Bru, Éric Mathias ont souligné le traumatisme subi par leur client, la trahison, l’intrusion illégitime dans la sphère privée familiale.
Malgré des demandes de trois ans de prison avec mandat de dépôt, le tribunal n’a pas suivi les recommandations du procureur concernant l’incarcération. Après la plaidoirie de son avocate, Me Sandra Vazquez, Quentin F. a été condamné à un suivi socio-judiciaire strict.
Bien qu’il soit reparti libre, il devra suivre des soins, indemniser les victimes et sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).
Cette décision est perçue comme une insulte par les victimes, comme en témoigne la mère de Maxime, accablée par le verdict à la sortie du tribunal : « Nous, nous sommes condamnés à vie. »

Je m’appelle Marie et je suis une rédactrice passionnée faisant partie de l’équipe de Guineetime. Avec mon expertise dans les actualités people, je suis là pour vous faire vivre les dernières rumeurs et potins croustillants.
