Explication de l’indicateur de privation matérielle et sociale
La privation matérielle et sociale se définit comme une mesure statistique évaluant la proportion de la population incapable, pour des raisons économiques, d’accéder à une série de biens ou services jugés importants, voire indispensables, pour une existence convenable dans le contexte actuel.
On considère qu’un individu est en situation de privation matérielle et sociale lorsqu’il subit au moins cinq manques parmi une sélection de treize critères essentiels. Ces critères incluent la capacité à couvrir des frais imprévus, à chauffer correctement son domicile ou encore à acquérir des vêtements neufs.
Stagnation inquiétante des privations matérielles et sociales depuis 2022
Le changement s’est amorcé en 2022. Malgré une diminution temporaire pendant la crise sanitaire grâce aux aides sociales extraordinaires, le taux de privation a grimpé avec le retour de l’inflation. Il est passé de 10,5 % au début de 2021 à 12,9 % début 2022 en France métropolitaine.
Depuis lors, même avec un ralentissement de la montée des prix, l’indicateur ne semble pas baisser de manière significative sous les 13 %. Un léger espoir s’était profilé en 2024 avec un taux de 12,7 %, mais il a disparu en 2025.
Cette persistance des taux élevés s’explique par un phénomène bien connu des économistes : un ralentissement de l’inflation signifie que les prix augmentent moins rapidement, mais ne diminuent pas. Les foyers les plus modestes n’ont pas réussi à restaurer leur capacité financière malgré des augmentations de salaires et des aides sociales, laissant ainsi la privation à un niveau élevé même lorsque l’inflation diminue.
Chauffage et alimentation : les nouveaux points critiques
Sur les cinq dernières années, deux types de privations se sont particulièrement détachés. Le pourcentage de personnes affirmant ne pas pouvoir chauffer adéquatement leur logement a augmenté de 6,7 % en 2020 à 11,4 % en 2025, soit une hausse de près de cinq points.
Parallèlement, le taux de personnes incapables de consommer un repas riche en protéines tous les deux jours est passé de 7,3 % à 11,2 %. Ces deux types de privations, directement affectés par l’augmentation des prix de l’énergie et des aliments, ont enregistré les plus fortes hausses.
Cependant, il existe des améliorations concernant certaines privations, comme la difficulté à affronter une dépense imprévue de 1 000 euros, qui a diminué de 30,4 % à 28,1 %, en partie parce que 1000 euros représentent moins qu’en 2020. La possibilité de sortir régulièrement et de réaliser de petites dépenses s’est également améliorée.

Je suis Aurélie. En tant que membre dynamique de l’équipe Guineetime, je vous guide à travers les évolutions économiques et culturelles. Ma passion pour l’innovation vous aide à anticiper les grands changements.
