Cold case à Albi : "Bouc émissaire" ou "tueuse mythomane" ? Une septuagénaire jugée pour le meurtre de son voisin dix ans après les faits

Affaire non résolue à Albi : Septuagénaire devant la justice pour meurtre, dix ans après !

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La nouvelle année 2026 verra la conclusion d’une affaire non résolue très médiatisée dans le Tarn. Le procès de Marie-France Dambry a été programmé. Cette femme de soixante-dix ans se présentera à la première session de l’année 2026 de la Cour d’assises du Tarn, du 7 au 10 avril.

Dans l’enceinte du tribunal d’Albi, elle répondra de charges qui datent de plus d’une décennie. Jérôme Pujol, un ancien chef d’entreprise de 54 ans, a été trouvé mort chez lui à Albi, au chemin Eugène Mancel, le lundi 2 juin 2014. Affaibli par la dépression et l’alcoolisme, il vivait isolé. Les premières investigations n’avaient rien donné et l’affaire avait été close rapidement.

Cependant, des doutes persistaient : une autopsie, demandée par le procureur d’Albi, a révélé par la suite six côtes cassées et une double fracture du foie. Ces blessures, résultant de coups extrêmement violents, sont restées mystérieuses.

Relance de l’enquête et inculpation

Au moment du décès, Marie-France Dambry était avec Jérôme Pujol. Elle se disait voisine attentionnée et prétendait être « médecin militaire » pour apaiser la mère du défunt.

Bien que le symbole de caducée sur son véhicule trompait tout le monde, Marie-France n’était pas médecin. Elle était technicienne en radiologie et effectuait des remplacements. Connue pour être une menteuse et récidiviste en matière d’escroqueries (onze condamnations préalables), elle avait les clés de l’appartement de la victime et accès à ses comptes bancaires.

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Entre 2013 et 2014, elle a dérobé 8 718 € sur le compte de Jérôme Pujol pour ses dépenses personnelles incluant des achats divers, le loyer et autres frais. Cette somme s’ajoute à d’autres escroqueries pour lesquelles elle a été condamnée à deux ans de prison en 2017.

En 2021, grâce à « la ténacité de la famille Pujol », représentée par leur avocate Me Karola Wolters-Cristofoli, le dossier a été réouvert par le pôle criminel de Toulouse. Après huit ans d’inactivité, ce dossier qui n’avait pas éclairci les circonstances suspectes des blessures trouvées sur le corps a été rouvert.

L’enquête, menée par la section de recherche de la gendarmerie, a abouti à l’arrestation de Marie-France Dambry le 23 mai 2023 en Normandie, où elle s’était installée. Deux jours après, elle était mise en examen pour « assassinat ». Depuis, cette femme de 71 ans est incarcérée.

« Elle est un bouc émissaire »

Initialement, la septuagénaire aux cheveux blonds coupés au carré avait avoué avoir « poussé » la victime sur son lit, avant de se rétracter et de clamer son innocence. Son avocat, Me Jacques Levy, critique aujourd’hui l’absence de preuves concrètes. Selon lui, sa cliente est une cible facile : « Elle subit les conséquences de neuf années d’incompétence judiciaire ! On en fait le bouc émissaire d’un système désespéré de trouver un coupable, alors qu’aucun ADN ou preuve matérielle ne la relie au meurtre. Être menteuse ou escroc ne signifie pas être meurtrière. »

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L’avocat met aussi en avant les incohérences des accusations : « Ma cliente était déjà âgée au moment des faits et ne pesait que 50 kg. Soyons réalistes. Ce n’est pas elle qui a pu infliger de telles blessures. » Il soutient également que la victime avait été agressée quinze jours avant sa mort. « Il a été battu et amené à l’hôpital, mais on me refuse l’accès à son dossier médical. C’est frustrant car nous ne saurons jamais si c’est de ces blessures qu’il est décédé chez lui. »

Marie-France Dambry, toujours présumée innocente, risque la réclusion criminelle à perpétuité.

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