Le carrefour sud d’Ax-les-Thermes était, ce lundi 29 décembre, transformé en véritable bastion. Sous la directive du préfet de l’Ariège, Hervé Brabant, un imposant dispositif de contrôle de la circulation a été mis en place par la gendarmerie nationale. Alors que l’année 2026 approche, l’autorité préfectorale a choisi de frapper les esprits en adoptant une position stricte contre l’insécurité croissante sur les routes.
En cette période normalement dédiée à la festivité, le ton était à la fermeté. Un cadre législatif renouvelé vient de renforcer les mesures répressives, dans une situation que le préfet considère critique. « Les statistiques de la sécurité routière pour 2025 sont très préoccupantes en Ariège, avec une détérioration par rapport à l’année précédente », a-t-il souligné d’emblée.
« Il est inadmissible de compter 17 décès sur nos routes »
Le bilan présenté par le préfet est alarmant. « Le nombre d’accidents corporels s’élève à 137, soit une hausse de 12 %. Nous déplorons 17 décès cette année sur les routes de l’Ariège, ce qui représente une augmentation de 13 % par rapport à 2024, et 178 blessés, soit 9 % de plus », précise Hervé Brabant.
Il rejette cependant l’idée que ces accidents soient une fatalité. Selon lui, même si les routes locales ont leurs particularités, elles ne sont « pas plus dangereuses qu’ailleurs ». Le problème majeur demeure les « grands excès de vitesse ».
Les données recueillies par la gendarmerie de l’Ariège confirment cette analyse : la vitesse excessive est impliquée dans « 35 % des accidents mortels », et l’alcool joue un rôle dans 12 % des cas.
« Il y a un moment pour la prévention et un moment pour la sanction »
Le temps de la sensibilisation est révolu, laissant place à une approche plus sévère, notamment envers les usagers les plus vulnérables. « Dans la moitié des cas, ce sont les motocyclistes qui sont concernés », rappelle le préfet.
Pendant l’opération sur la RN20, les motards de la gendarmerie ont arrêté un motocycliste qui roulait à plus de 130 km/h dans une zone limitée à 80. Hervé Brabant rapporte leur conversation : « Avez-vous vraiment besoin de rouler à 130 au lieu de 80 ? Le motard m’a répondu : ‘j’ai agi de façon irresponsable, je l’admets.’ Mais à cette vitesse, les distances de freinage ne sont plus les mêmes… et l’inévitable se produit. »
Il conclut fermement : « Il y a un temps pour la prévention et un pour la répression. La délinquance routière doit être punie ! »
Grands excès de vitesse : mise en détention systématique
Sur le terrain, le commandant Dominique Nicolas, à la tête de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), expose les nouvelles directives d’un récent décret. « Désormais, les excès de vitesse supérieurs à 50 km/h ne sont plus considérés comme des contraventions mais des délits, entraînant une amende pouvant aller jusqu’à 3 750 euros et une peine de prison. »
Sur cet axe crucial de la RN20, la politique du parquet est d’une extrême rigueur. « Le procureur exige que les conducteurs soient systématiquement placés en garde à vue. Cela implique l’immobilisation du véhicule, la rétention du permis et la mise en fourrière systématique », détaille le commandant.
Les automobilistes en grande partie favorables
Malgré l’importance du dispositif, les usagers de la route approuvent en grande majorité cette initiative. Lucien, en route pour les stations de ski, y voit un point positif après avoir subi un contrôle d’alcoolémie et la vérification de ses équipements hivernaux : « C’est une très bonne chose. Sur cette route, c’est crucial et parfaitement justifié », affirme-t-il.
Pour les autorités, cette discipline collective est la seule barrière contre ce que le préfet décrit comme « la mort la plus absurde qui soit : mourir sur la route ».
La journée a été productive : au total, 24 cas d’excès de vitesse ont été sanctionnés, dont deux entre 40 et 49 km/h, une amende de 1 200 euros et un permis de conduire non renouvelé.

Je m’appelle Marie et je suis une rédactrice passionnée faisant partie de l’équipe de Guineetime. Avec mon expertise dans les actualités people, je suis là pour vous faire vivre les dernières rumeurs et potins croustillants.
