Meurtre d’un marginal avec une pierre de 6 kg : 18 ans de prison requis contre l’accusé

Crime Choc: 18 Ans Requis Pour Le Meurtre Brutal à La Pierre De 6 Kg

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Ce jeudi, lors de la deuxième session du jugement de Jean-Louis R., inculpé pour l’assassinat de Julien*, la cour ainsi que les avocats des parties civiles du tribunal d’assises de Foix ont écouté le témoignage de la sœur de la victime. Jean-Louis R. est accusé d’avoir tué Julien en le frappant avec une roche de plus de 6 kg. L’incident s’est produit pendant la nuit du 24 au 25 octobre 2022, sous l’abri du magasin Biocoop à Saint-Girons où les deux hommes s’étaient abrités.

Devant la cour d’assises, la sœur du défunt, Jacqueline*, accompagnée de Jérôme*, un ancien sans-abri devenu cuisinier, ont partagé les rares informations disponibles sur la vie de Julien, qui s’était éloigné de sa famille.

Julien, le plus jeune de huit enfants, était perçu comme aimable et serviable. Sa mère ayant été gravement malade durant son enfance, lui et ses frères et sœurs avaient été placés chez divers membres de la famille. Une fois rétablie, tous sauf Julien, qui était resté avec sa tante, sont retournés chez leurs parents. Il a finalement rejoint ses parents avant leur départ pour une maison de retraite. « Il était laissé à lui-même après le départ de notre mère, » a-t-elle dit.

« Il ne méritait pas cela »

Julien a d’abord travaillé comme mécanicien puis comme berger, et s’est installé à Castillon-en-Couserans, avant de se retrouver à errer dans les rues de Saint-Girons. C’est là qu’elle le voyait parfois. Il restait très discret sur sa situation marginale, à tel point qu’elle ignorait ses conditions de vie. « Il avait des problèmes avec l’alcool, à cette époque, il ne fallait pas le contrarier. » Il est décrit comme taquin, parfois lourd, mais jamais violent, même sous l’emprise de l’alcool. « Il ne méritait pas cela, » conclut-elle.

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Jérôme, vêtu entièrement de gris, prend la suite de Jacqueline à la barre. Ancien sans-abri et aujourd’hui cuisinier, il a bien connu Julien, avec qui il s’entendait bien. Conscient des problèmes d’alcool de son ami, qui jouait très bien de l’harmonica, il confirme les dires de la sœur sur le comportement de Julien. Durant la soirée du 24 octobre, ils s’étaient abrités sous le préau pour partager une pizza donnée par une boulangerie et de l’alcool. Jean-Louis R. était déjà sur place, dans son propre coin du préau. Vers 21 heures, Jérôme a quitté les lieux pour laisser Julien dormir, et c’était la dernière fois qu’il le voyait.

Maîtres Guy Dedieu et Catherine Puig, avocats de la mère et d’une des sœurs de la victime, soulignent que ces deux dernières, sous tutelle, ne sont pas au courant des détails de la mort de Julien, car elles sont très affectées par « la violence de l’acte lui-même. » « La durée de vie moyenne dans la rue est de 50 ans. Julien est mort à 52 ans, » ajoute maître Dedieu.

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Une abolition du discernement ?

Mettant en avant les observations du médecin légiste et les déclarations de l’accusé, Olivier Mouysset, procureur de la République, affirme que Jean-Louis R. est le meurtrier. Compte tenu des troubles psychiatriques de l’accusé, déterminer sa responsabilité pénale est un « enjeu crucial » de ce dossier.

Atteint de schizophrénie, l’homme a été interné à plusieurs reprises dans un établissement spécialisé. L’expert psychiatre « n’a pas trouvé de preuves d’une abolition complète du discernement et du contrôle de ses actes », malgré plusieurs rechutes liées à l’interruption de son traitement, notamment le 24 octobre, « ce qui est préoccupant », souligne le procureur.

« L’expert psychiatre a conclu à une altération du discernement de l’accusé, directement liée à l’acte incriminé. Nous devons donc considérer, pour l’accusé, une cause d’atténuation de la responsabilité pénale. Jean-Louis R. doit être reconnu pénalement responsable de son acte criminel, tout en bénéficiant d’une atténuation, » explique Olivier Mouysset.

Il requiert 18 ans de réclusion criminelle, avec une période de suivi sociojudiciaire, une obligation de soins pendant six ans, une interdiction de séjour à Saint-Girons et l’obligation d’indemniser les parties civiles.

*Les prénoms ont été modifiés.
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