Tous les mercredis, La Finance Pour Tous met en avant l’essai illustré d’Antonin Batteur, lauréat du Grand Prix 2025, portant sur le thème « Quelles dépenses publiques pour préserver les générations futures ? ».
Antonin explore dans son travail les divers aspects des dépenses publiques, en intégrant des dimensions sociales, régionales, souveraines, environnementales et économiques. Son analyse est enrichie par des données et des graphiques qui offrent une perspective complète sur le sujet.
Les perspectives économiques et les choix éditoriaux de l’essai reflètent les idées de l’auteur et non celles de La Finance Pour Tous, qui se contente de diffuser une étude approfondie et bien documentée.
Cette semaine, Antonin aborde un thème qui nous est particulièrement cher : l’éducation.
Le système éducatif en France est en proie à une crise structurelle, exacerbée par des décisions budgétaires qui en réduisent l’efficacité.
Premièrement, la pénurie d’enseignants met en péril le fonctionnement des écoles. Le ministère de l’Éducation nationale prévoit de couper 4 000 postes en 2025 (dont 79% dans le premier degré public), malgré un manque de 3 150 postes non pourvus en juillet 2024 (92% dans le public), particulièrement pour les disciplines telles que les mathématiques, les sciences et les langues. Depuis 2022, les chiffres de suppression étaient de 2000, 1500, et 2500 postes respectivement. Ces réductions, justifiées par une baisse de 97 000 élèves en 2025, sont vues comme des mesures à court terme qui pourraient nuire au système éducatif lors de prochaines augmentations démographiques. Réduire les postes alors qu’il y a déjà des vacances amplifie les problèmes dans les zones rurales et prioritaires qui souffrent d’un manque de personnel qualifié.
Parallèlement, le métier perd de son attrait. Entre 2015 et 2023, le taux d’enseignants contractuels est passé de 6 % à 9 %. Les conditions de travail et les salaires sont en cause : un enseignant en France gagne entre 10 % et 15 % de moins que la moyenne de l’OCDE, ce qui rebute les nouvelles générations.
Dans l’enseignement supérieur, la situation est similaire. Depuis 2010, le nombre d’étudiants a augmenté de 50 %, mais le budget alloué aux universités n’a pas suivi. En 2023, la dépense par étudiant a diminué de 3 %, entraînant une saturation des infrastructures et un manque de ressources pédagogiques. Le ratio étudiants/enseignants est passé de 20 à 24 en dix ans, dégradant la qualité de l’enseignement.
Les étudiants rencontrent également des difficultés financières; 30 % d’entre eux déclarent être en difficulté, notamment à cause des coûts de logement et du manque de bourses adéquates. Un seuil d’éligibilité exclut certains étudiants des classes moyennes des aides, creusant les inégalités dans l’accès à l’enseignement supérieur.
L’apprentissage, en revanche, gagne en popularité. Entre 2015 et 2020, le nombre de contrats a augmenté de 53 %, avec un bond de +220 % pour les licences et +136 % pour les masters en apprentissage. Bien que cette voie favorise l’insertion professionnelle (85 % des diplômés trouvent un emploi en six mois), elle révèle une tendance inquiétante : l’État privilégie la professionnalisation immédiate au détriment de l’éducation universitaire traditionnelle.
Les inégalités territoriales demeurent fortes. Certaines académies affichent des taux de réussite inférieurs de 10 points à la moyenne nationale et les établissements en zones rurales ou défavorisées souffrent d’un manque flagrant d’infrastructures et d’enseignants qualifiés. En 2024, 70 % des élèves en REP+ et 56 % en REP viennent de milieux défavorisés, ce qui montre la concentration des difficultés scolaires.
Face à ces défis, l’enseignement privé progresse. En 2024, 13,97 % des élèves du primaire, 21,36 % du secondaire et 26,6 % du supérieur sont inscrits dans des établissements privés sous contrat. Cette tendance s’accélère depuis 2018 (+5,2 points), surtout dans les grandes villes et les secteurs en vogue tels que le numérique et le commerce.
Enfin, les investissements dans la recherche restent insuffisants. En 2023, la France a alloué seulement 2,2 % de son PIB à la recherche et au développement, contre 3 % en moyenne en Europe, limitant ainsi son potentiel d’innovation scientifique et technologique.
Nous adressons nos félicitations à Antonin Batteur pour son travail remarquable.
La semaine prochaine, nous explorerons l’analyse d’Antonin sur le logement.
Vous pouvez télécharger l’essai complet en format PDF et nous continuons à vous offrir chaque semaine les meilleures parties de son analyse.

Je suis Aurélie. En tant que membre dynamique de l’équipe Guineetime, je vous guide à travers les évolutions économiques et culturelles. Ma passion pour l’innovation vous aide à anticiper les grands changements.
![Enjeux des dépenses publiques [3/17] : l’éducation, un investissement sacrifié ?](https://www.guineetime.com/wp-content/uploads/2025/08/Depenses-publiques-et-education-investissement-sacrifie-ou-priorite-negligee.png)