En 2025, l’épargne solidaire a atteint un niveau record en France avec un total de 34 milliards d’euros d’actifs gérés, marquant une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance, la plus significative depuis 2021, n’est pas le fruit du hasard.
Cette augmentation témoigne d’une tendance claire : un nombre croissant de citoyens français optent pour des placements financiers qui soutiennent des initiatives bénéfiques pour la société, telles que le logement, l’emploi, la transition écologique et la solidarité internationale. Quels sont les mécanismes de cette évolution et quelles en sont les répercussions concrètes ?
Facteurs multiples stimulant la croissance de l’épargne solidaire
L’association FAIR (Financer, Accompagner, Impacter, Rassembler) dans son rapport de 2026 souligne une prise de conscience accrue des Français quant à l’importance d’investir leur argent de manière éthique.
La hausse des actifs gérés s’explique par une combinaison de trois éléments. Premièrement, l’augmentation des nouvelles souscriptions, avec environ 2,5 milliards d’euros de nouveaux capitaux collectés en 2025, indiquant que de plus en plus de personnes s’engagent dans cette démarche. Deuxièmement, la bonne performance des marchés financiers a contribué à la hausse, avec près de 2 milliards d’euros de gains supplémentaires générés par les produits boursiers inclus dans les fonds solidaires. Troisièmement, l’introduction de nouveaux produits certifiés par le label Finansol a ajouté environ 700 millions d’euros à l’ensemble des actifs gérés.
Cette triple dynamique met en lumière un fait important : la finance solidaire ne se développe pas uniquement grâce à ses valeurs éthiques, mais également en raison de sa performance financière.
« Cette année, l’engagement de tout l’écosystème a permis une forte progression des actifs d’épargne solidaire. Presque tous les grands réseaux bancaires et assurances proposent désormais au moins un produit d’épargne solidaire certifié Finansol » (Patrick Sapy, directeur général de FAIR)
Prédominance de l’épargne salariale dans la collecte de fonds
L’épargne salariale demeure le principal vecteur de collecte, représentant 54 % des actifs gérés, soit 18,5 milliards d’euros, enregistrant une augmentation de 13 % en un an. Plus de 13 millions de salariés français bénéficient désormais d’un accès à un plan d’épargne entreprise (PEE) ou à un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL ou PERECO), avec l’obligation depuis 2008 de proposer un fonds solidaire dans ces dispositifs. Actuellement, 8 % des souscripteurs de PEE optent pour un fonds solidaire, une proportion encore faible mais en croissance constante.
Concrètement, ces fonds doivent investir entre 5 % et 10 % de leurs actifs dans des entreprises solidaires agréées ESUS, orientant ainsi des centaines de millions d’euros chaque année vers des entités qui soutiennent l’emploi, le développement des énergies renouvelables ou l’amélioration de l’accès au logement.
Accélération notable dans les secteurs bancaire et assurantiel
Les produits d’épargne bancaires et d’assurance ont connu une croissance encore plus remarquable : 14,2 milliards d’euros, soit une augmentation de 19 % sur un an. Cette évolution s’explique notamment par la performance des livrets solidaires, qui, dans un contexte de baisse des taux réglementés (le Livret A étant passé à 1,75 % début 2025), ont su attirer de nouveaux épargnants avec des taux bonifiés, comme ceux offerts par le Crédit Mutuel et le CIC à 2,20 %.
Une autre dynamique impressionnante concerne le contrat d’assurance-vie Responsable et Solidaire de la MAIF, labellisé Finansol, qui a enregistré une augmentation de 924 millions d’euros en un an (+22 %), confirmant ainsi le potentiel de l’assurance-vie comme levier pour la finance solidaire.
Impact concret des projets financés
En 2025, 848 millions d’euros ont été alloués à des projets concrets : 67 % à des structures sanitaires et sociales, 25 % à la transition écologique et 5 % à la solidarité internationale.
Illustrations de projets solidaires
À Rennes, l’association Fratries, qui propose des colocations mixtes pour jeunes actifs et personnes en situation de handicap mental, est financée par des investisseurs solidaires et génère en moyenne 130 000 euros d’économies annuelles pour les finances publiques. À Paris, l’association Siel bleu, qui organise des ateliers d’activité physique adaptée, a déjà aidé près de deux millions de personnes depuis 1997 grâce au financement de livrets solidaires.
En somme, la finance solidaire a permis en 2025 de créer 11 372 emplois, de reloger plus de 2 000 personnes, de fournir de l’électricité renouvelable à 73 893 individus supplémentaires et d’accorder 28 447 prêts sociaux, majoritairement à des femmes.

Je suis Aurélie. En tant que membre dynamique de l’équipe Guineetime, je vous guide à travers les évolutions économiques et culturelles. Ma passion pour l’innovation vous aide à anticiper les grands changements.
