"Je l’ai vu mettre le feu à une poubelle et la placer sous la caravane" : un différend entre deux familles finit en incendie criminel d’un camping-car

Incendie d’un Camping-Car : Quand une Querelle Familiale Tourne au Drame

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Ce lundi 29 septembre à Mazères, un violent conflit entre deux familles a culminé avec un incendie dévastateur : un camping-car anéanti et des dégâts importants causés à une résidence. Les individus impliqués étaient devant le juge ce vendredi 24 octobre au tribunal de Foix, et les débats ont révélé l’escalade dramatique d’une dispute entre deux groupes rivaux.

Les événements ont commencé le dimanche 28 septembre, lorsque la camionnette d’Olivier*, un artisan maçon, a subi des dommages suite à une tentative de vol échouée, interrompue par Olivier lui-même. Lors de leur fuite, il croit reconnaître certains membres d’une famille en particulier. Malgré un appel à la gendarmerie, l’affaire n’avance pas et il ne porte pas plainte. Cela marque le début d’une série d’actions regrettables. Le jour suivant, Olivier, consumé par la colère, menace de représailles – « je vais te faire brûler » – et consomme de l’alcool et du cannabis avec deux jeunes connaissances, Quentin*, 24 ans, et Damien*, 20 ans.

Le trio se dirige ensuite vers la maison de la victime présumée pour se venger. À l’intérieur, une mère et ses filles sont présentes. À l’extérieur, leur camping-car est garé à proximité. Plus tard dans la soirée, le camping-car est complètement détruit par le feu. « Toutes les économies de la famille ont été investies dans ce camping-car », a souligné l’avocat Maître Plais-Thomas, mettant en avant la gravité de l’acte. « Nous aurions pu nous retrouver dans une tout autre salle d’audience… »

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« Je l’ai vu enflammer une poubelle »

Devant les décombres, le motif semble évident. Mais au tribunal, les trois hommes modifient leurs témoignages initiaux, se contredisent et s’accusent les uns les autres d’avoir allumé le feu. « Nous marchions à Mazères et nous sommes passés par hasard devant leur maison. [Olivier] a perdu son sang-froid, il a incité [Quentin], je l’ai vu enflammer une poubelle et la placer sous le camping-car, près de la roue arrière gauche », explique initialement Damien. Quentin accuse à son tour Damien. « Il voulait percer les pneus à l’origine, donc je pense que c’est lui », dit-il, après avoir admis l’acte à une proche tout en défendant Olivier. « Il n’est pour rien dans cette histoire. C’est un malentendu entre les deux familles. Tout a dérapé ce soir-là. »

Selon son avocat, Maître Mouton, Quentin n’est qu’un pion sacrifié par le groupe, prêt à prendre la faute pour ses deux compères, l’un bientôt père, l’autre déjà père de cinq enfants, persuadé que ses troubles psychiatriques — une déficience mentale légère altérant son jugement — et son casier judiciaire vierge l’épargneraient de la prison. Mais il se trouve bien dans le box des accusés après plusieurs jours en détention provisoire. « Il s’est dit : autant prendre sur moi pour les autres », a plaidé son avocat, le décrivant comme « le simple d’esprit du village qui est toujours blâmé ».

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Des « versions très instables »

Quentin blâme Damien, Damien blâme Quentin, et l’avocate de Damien, Maître Parant, blâme Olivier. Et l’avocat d’Olivier ? « [Il] ne pouvait pas tenir le briquet. C’est [Damien] ou c’est [Quentin], mais ce n’est pas mon problème », a ajouté Maître Dedieu. Dans un maelström de plaidoiries, les avocats de la défense se sont retrouvés à s’opposer entre eux.

Face aux « versions très instables » des accusés, la substitut du procureur, Élodie Girardelli, a conclu à « une coaction des trois prévenus », tous capables de décrire la scène avec précision. Elle a requis douze mois de prison avec mandat de dépôt pour Olivier, « l’instigateur des événements », et dix mois pour Damien et Quentin.

Le tribunal a finalement jugé les peines appropriées, condamnant Damien à dix mois dont quatre avec sursis probatoire sur deux ans, Quentin à dix mois entièrement avec sursis probatoire, et Olivier à douze mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Au total, ils devront payer près de 18 000 euros de dommages et intérêts.

*Les prénoms ont été modifiés
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