"J’en ai pleuré... j’ai été humiliée par mon banquier" : le long combat d’une victime face à une utilisation frauduleuse de sa carte bancaire

Larmes et humiliation : Une victime raconte son combat contre la fraude bancaire

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À Cahors, dans le Lot, une affaire de recel a été jugée, révélant l’impact considérable d’un vol sur la vie d’une victime. Le tribunal correctionnel de cette ville a prononcé une sentence à l’encontre d’un ancien couple, reconnu coupable de recel et de complicité de recel, suite à l’utilisation abusive d’une carte bancaire dérobée le mercredi 5 juin 2024 dans un centre commercial à Saint-Laurent-les-Tours, bien que les détails n’aient pas été discutés durant l’audience.

Lors de l’audience du 16 janvier 2026 au tribunal judiciaire de Cahors, bien que les accusés n’étaient pas présents, la victime a tenu à être là. « Je pensais les rencontrer face à face. Il se pourrait que je les croise professionnellement », a-t-elle déclaré au tribunal.

« Un surcroît de démarches administratives à gérer en plus de mon travail »

Travaillant comme taxi-ambulancière avec des journées exténuantes de « dix à douze heures, sept jours sur sept », elle a expliqué comment le vol de son porte-monnaie contenant tous ses documents personnels et professionnels avait bouleversé son organisation quotidienne. « Je n’ai pas d’ordinateur chez moi. Je me suis retrouvée submergée par les démarches administratives en plus de mon travail », a-t-elle raconté à la cour. « Ils ont tout volé, y compris les deux pass pour le parc animalier de Gramat que j’avais achetés pour ma petite-fille. »

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Le vol a été découvert après plusieurs alertes de sa banque concernant des transactions douteuses, notamment dans un fast-food. Même si l’opposition sur la carte a été faite rapidement, l’impact financier était déjà significatif. « Ce n’est pas seulement une affaire de carte bancaire. Les montants dépensés représentaient environ un tiers de mon salaire », a-t-elle insisté, soulignant la précarité financière qui l’a obligée à emprunter de l’argent à ses proches pour couvrir ses besoins de base.

« J’ai été humiliée par mon banquier »

Outre les pertes financières, elle a également souligné les répercussions psychologiques du vol. « Cela m’a fait pleurer. J’ai été traitée de manière humiliante par mon banquier, qui m’a parlé comme si j’étais une enfant », a-t-elle exprimé, marquée par un sentiment persistant d’injustice et de vulnérabilité. La possibilité de rencontrer les accusés dans sa vie professionnelle accentue son malaise.

Après délibération, le tribunal a évalué le préjudice financier à 835,75 euros, ajusté par le juge. La victime avait listé toutes les dépenses subies : transactions frauduleuses, argent liquide perdu, heures de travail non effectuées, et les démarches résultant de la procédure judiciaire. La procureure a noté que les vidéos de surveillance et les documents du dossier confirmaient clairement l’utilisation abusive de la carte. Les deux accusés avaient par ailleurs déjà des antécédents judiciaires défavorables.

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Le tribunal a déclaré les deux accusés coupables. L’homme a été condamné à quatre mois de prison avec sursis, une amende de 2 000 euros dont 1 300 avec sursis, et à un stage de citoyenneté. La femme a reçu une peine de quatre mois avec sursis probatoire de deux ans, incluant des obligations de travail, d’indemnisation de la victime, un stage de citoyenneté, et 140 heures de travaux d’intérêt général. Sur le plan civil, ils doivent payer ensemble 890,57 euros pour le préjudice financier et 150 euros pour le préjudice moral. Cette décision, bien que ne pouvant effacer complètement l’expérience vécue, reconnaît néanmoins le tort subi par une victime profondément affectée dans sa vie quotidienne.

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