Les Français utilisent-ils l’IA pour investir ?

L’IA dans les investissements: Découvrez comment les Français l’utilisent!

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L’intégration de l’intelligence artificielle dans divers secteurs économiques est une réalité croissante, et le domaine des finances personnelles n’en est pas exempt. Comment les Français utilisent-ils alors l’IA pour gérer leur épargne ?

Le récent Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’Autorité des marchés financiers (AMF), diffusé le 8 juin, révèle des informations précieuses à ce sujet. Il montre une utilisation encore modérée de l’IA, mais qui pourrait se développer rapidement, surtout parmi les jeunes générations.

Une utilisation encore limitée de l’IA dans l’épargne et l’investissement

Quand il s’agit de faire un investissement, seulement 11 % des Français indiquent faire appel à l’intelligence artificielle pour s’informer. En comparaison, 42 % consultent leur conseiller bancaire ou financier, plaçant l’IA bien derrière les moyens traditionnels d’information financière. Cette situation est prévisible, étant donné la relative nouveauté de ces outils pour le grand public.

Cette moyenne cache cependant de grandes disparités. La différence entre les hommes (13 %) et les femmes (9 %) est faible, mais la différence générationnelle est beaucoup plus prononcée : 19 % des moins de 35 ans utilisent l’IA pour se renseigner avant de placer leur argent, contre seulement 4 % des personnes de 55 ans et plus. Le niveau d’éducation et la catégorie socio-professionnelle ont aussi un impact significatif. Parmi les personnes ayant un diplôme supérieur à bac +2, 17 % utilisent ces outils, contre seulement 5 % des non-diplômés. Chez les jeunes cadres supérieurs, ce chiffre atteint même 24 %.

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La tolérance au risque est également un critère de différenciation. Les investisseurs en crypto-actifs sont 33 % à consulter l’IA comme source d’information, comparativement à 24 % pour ceux qui investissent dans le crowdfunding et 19 % pour les investisseurs en actions. En général, plus un épargnant est disposé à accepter des risques pour une meilleure rémunération, plus il est enclin à utiliser ces outils.

L’IA, un complément dans la recherche d’informations

L’IA ne remplace pas les autres sources d’information mais sert plutôt de complément dans le processus décisionnel. Parmi ses utilisateurs, seulement 5 % s’y fient exclusivement pour leurs décisions d’investissement.

Quels sont les usages concrets de l’IA pour ces utilisateurs ? Elle sert principalement à mieux comprendre les produits financiers (52 %) et à obtenir des informations sur les caractéristiques d’un investissement, telles que le risque, les frais ou le rendement (51 %). Elle aide également à trouver un investissement adapté à leurs besoins (37 %) et à suivre l’actualité des marchés (34 %). L’IA a donc un rôle surtout éducatif et informatif.

Des perceptions mitigées entre opportunités et risques

Les avis sur l’utilisation potentielle de l’IA par les professionnels de la finance sont partagés. D’un côté, 54 % des Français pensent que son usage accru pourrait conduire à des conseils plus personnalisés et 52 % croient qu’elle pourrait améliorer la performance des investissements tout en diminuant les coûts.

Les inquiétudes restent cependant prédominantes. 67 % des personnes interrogées voient des risques dans l’usage de l’IA par les professionnels, notamment des erreurs ou de mauvaises décisions. De plus, 57 % pensent que les investissements pourraient devenir moins transparents et plus complexes à comprendre.

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Intéressant, ces perceptions, qu’elles soient positives ou négatives, sont plus accentuées chez les jeunes. Par exemple, 70 % des moins de 35 ans croient que l’IA pourrait offrir des conseils mieux adaptés, mais 75 % d’entre eux perçoivent également des risques. Cette ambivalence reflète une familiarité accrue avec ces technologies, mais aussi une conscience claire de leurs limites.

L’IA et les risques d’escroquerie

Le Baromètre souligne un fait préoccupant : les utilisateurs d’IA sont proportionnellement plus susceptibles d’avoir été victimes d’escroqueries financières (25 %, contre 16 % pour l’ensemble des Français).

Cette corrélation, sans nécessairement impliquer une causalité directe, suggère tout de même de rester vigilant. La quête d’autonomie en matière d’information peut être valorisante, mais elle peut aussi exposer à des contenus fallacieux ou à des conseils non vérifiés. Dans un contexte où les arnaques financières deviennent plus sophistiquées et utilisent également l’IA pour paraître plus crédibles (faux sites, deepfakes, faux conseillers), il est crucial d’être extrêmement prudent.

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