Municipales 2026 : comprendre le budget de sa commune

Municipales 2026 : Tout savoir sur le budget de votre commune !

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À l’orée des élections municipales de 2026, prévues pour les 15 et 22 mars, les finances des communes françaises attirent de nouveau l’attention. Les questions se multiplient : quel est le montant des dépenses de ma ville ? À quoi cet argent est-il utilisé ? Comment se positionne ma commune par rapport aux autres ?

Pour apporter des éclaircissements, nous avons analysé les budgets de trois municipalités aux tailles distinctes : Toulouse, une grande métropole de plus de 500 000 habitants, Blois, une ville moyenne de près de 47 000 habitants, et Yenne, une petite commune savoyarde comptant environ 3 000 résidents.

Les recettes et dépenses des communes

En 2024, les dépenses courantes des municipalités se sont élevées à environ 116 milliards d’euros, marquant une augmentation par rapport à l’année précédente. Les salaires et traitements demeurent la principale dépense, représentant 37 % du total, soit 57,2 milliards d’euros, en hausse de 5 % sur un an, une augmentation due en partie aux revalorisations du point d’indice dans la fonction publique. Les achats et services extérieurs suivent avec 30,4 milliards d’euros, incluant les coûts en énergie, en entretien ou encore en services externes, puis viennent les dépenses d’intervention (20,8 milliards d’euros), qui comprennent les subventions aux associations, les aides sociales ou d’autres participations. Les frais financiers et autres dépenses ajoutent 2,5 milliards et 4,7 milliards d’euros respectivement à ce total.

Concernant les recettes, les impôts et taxes (impôts locaux, taxe de séjour, etc.) constituent la principale source de revenus pour les communes, s’élevant à 87,6 milliards d’euros. Ils sont suivis par les aides de l’État (26,2 milliards d’euros), et les ventes de biens et services (11,6 milliards d’euros).

Il est important de noter que les recettes de fonctionnement surpassent les dépenses. En effet, cela résulte de la célèbre « règle d’or » des collectivités locales stipulée dans l’article L1612-4 du code général des collectivités territoriales qui exige un équilibre ou un excédent dans la section de fonctionnement.

Après l’adoption du budget de fonctionnement, les municipalités déterminent les dépenses d’investissement, qui comprennent les dépenses d’équipement (37,2 milliards d’euros) et les subventions et autres dépenses à long terme (6,5 milliards d’euros). Ces dépenses sont partiellement autofinancées grâce à l’excédent de fonctionnement et aux ressources d’investissement (certaines dotations et subventions, la taxe d’aménagement, etc.), et complétées par l’émission de dette. Ainsi, la dette des collectivités, souvent mentionnée, est toujours liée à des investissements !

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Toulouse : les dépenses d’une grande métropole

Toulouse, la quatrième ville de France, affiche un budget proportionnel à sa taille, avec 708 millions d’euros de dépenses de fonctionnement, bien supérieur à celui de Blois (87 millions d’euros) et de Yenne (2,8 millions d’euros). Pour une comparaison plus juste, il est pertinent d’examiner les dépenses par habitant.

En 2024, les dépenses de fonctionnement par habitant à Toulouse atteignent 1 349 euros, légèrement au-dessus de la moyenne nationale qui est de 1 307 euros. Cette situation est prévisible puisque les grandes villes supportent des charges de centralité significatives, notamment la gestion d’infrastructures culturelles, sportives et de transport qui profitent à une population bien plus large que celle de la commune elle-même. Ces villes rencontrent également des besoins sociaux plus variés, nécessitant plus de subventions, et emploient généralement un nombre plus élevé de personnel (représentant 57 % des dépenses de fonctionnement).

Blois : une ville moyenne aux dépenses élevées

Blois, la préfecture du Loir-et-Cher, enregistre des dépenses réelles de fonctionnement par habitant parmi les plus élevées au niveau national, atteignant 1 795 euros par habitant en 2024. Ce montant s’explique par son rôle de ville-centre au sein de son agglomération : elle centralise les services publics, les équipements et les infrastructures utilisés par les habitants des communes voisines, qui ne participent pas toujours proportionnellement à leur financement. Ainsi, les charges de personnel représentent près de deux tiers des dépenses de fonctionnement, une situation courante pour les villes moyennes préfectures.

Yenne : la modération d’une petite commune

À l’autre extrémité, Yenne présente des dépenses de fonctionnement bien plus modérées, à 906 euros par habitant en 2024, un montant nettement inférieur à la moyenne nationale. Cette différence reflète la réalité des petites communes rurales qui gèrent moins d’équipements, emploient moins de personnel municipal, et ont souvent transféré certaines compétences à l’intercommunalité. La structure de leurs dépenses est sensiblement différente de celle des deux autres villes : les charges de personnel représentent moins de la moitié des dépenses, tandis que les achats et services externes en constituent plus de 40 % (fournitures, services externes, électricité et gaz pour les bâtiments municipaux…).

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Les dépenses des communes sont-elles en augmentation ?

À long terme, les dépenses de fonctionnement des communes (y compris celles de notre échantillon), même ajustées par habitant, sont en hausse. À l’échelle nationale, elles augmentent de 863 euros en 2000 à 1 307 euros en 2024.

Cependant, il est important de contextualiser cette tendance en tenant compte de l’inflation. En effet, 1 000 euros en 2024 ne correspondent pas à 1 000 euros en 2005 (mais plutôt à 733 euros).

Une fois l’inflation considérée, la dynamique des dépenses par habitant, dites « réelles », se modifie. À l’échelle nationale, on observe une relative stabilité sur le long terme. En fait, les communes ne dépensent pas vraiment plus ou moins qu’il y a vingt ans. Pour Toulouse et Blois, les dépenses réelles de fonctionnement par habitant sont même en baisse.

À l’approche des élections municipales, ces informations rappellent l’importance d’analyser un budget communal en tenant compte de la taille de la commune, de son rôle dans le territoire, et de l’effet de l’inflation.

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