« Dans un accès de colère terrifiante, un vieil homme furieux a saisi son arme et, sans un instant d’hésitation, a tiré sur une femme innocente, l’envoyant à la mort, » écrivait Louis Py en 1932.
Un tragique tir à bout portant
Ces mots proviennent de la ballade criminelle intitulée « Le drame du château d’Estournels », parue en 1932. Elle détaille le meurtre de Catherine Wasurk, âgée de 26 ans, abattue d’un tir à la tête par Henri Barbet, un homme de 65 ans, le matin du 26 août 1932 à Saint-Laurent-Lolmie, aujourd’hui situé dans la commune de Lendou-en-Quercy (Lot). Initialement, l’homme avait prétendu aux forces de l’ordre qu’il avait agi en état de légitime défense, arguant que la jeune femme menaçait de lui lancer des pierres.
Toutefois, il s’est rapidement avéré que le véritable motif du crime était financier. Selon un article de L’Express du Midi daté du 28 août 1932, la victime, mère de famille d’origine polonaise, et son partenaire Stanislas Szynal, travaillaient comme métayers pour Henri Barbet. Ils avaient été embauchés pour quatre mois, mais Barbet les renvoya après seulement un mois, refusant de leur verser le montant total convenu. Ce jour fatal du 26 août, il aurait même menacé Stanislas Szynal, qui ne dut son salut qu’à la fuite.
Des relations houleuses avec métayers et domestiques
Le propriétaire était de notoriété publique peu recommandable dans la région. Un correspondant de presse rappelle qu’il avait été condamné pour des actes de brutalité envers sa belle-mère. La ballade mentionne également ses relations conflictuelles avec ses métayers. « Son caractère difficile et son avidité poussaient régulièrement métayers et domestiques à abandonner leur poste peu de temps après avoir été embauchés », rapportait Le Journal du Lot le 28 août 1932.
La communauté locale s’est largement rangée du côté de la victime, à tel point que des mesures de sécurité spéciales furent mises en place lors du procès, qui eut lieu quatre mois plus tard. Le 25 décembre 1932, Le Journal du Lot dépeint Barbet comme un homme aux « cheveux en bataille et à la moustache hirsute ». De nombreux témoins le décrivent comme querelleur et avide. Le journal relate également comment la foule présente au tribunal réclamait la peine capitale pour lui.
Une atmosphère électrique lors du verdict au tribunal
À Cahors, l’ambiance était électrique, les incidents se multipliaient et l’accusé maintenait qu’il était le véritable menacé. Son épouse soutenait sa version des faits. Cependant, lorsqu’il fut révélé qu’il y avait eu « plusieurs tentatives de corruption de témoins, que l’épouse de Barbet fut contrainte d’admettre », la tension dans la salle atteignit des sommets. Et elle s’intensifia encore lorsque la défense présenta des témoignages discréditant le compagnon de la victime. À la fin de la première journée du procès, à la tombée de la nuit, l’accusé dut quitter le tribunal et retourner à la prison par des « voies détournées » pour éviter une « foule tumultueuse » qui l’attendait à l’extérieur.
Le jury, cependant, conclut que Henri Barbet n’avait pas eu l’intention de tuer. Reconnu coupable de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, il fut condamné à dix ans de réclusion. « Quel tragique drame pour un peu d’argent, quand on pense qu’une petite fille de cinq ans ne reverra plus jamais sa mère », se lamentait Louis Py.

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