Le 15 mai, l’INSEE a révélé les taux d’inflation pour avril en France. En ce début d’année 2025, la France affiche un taux d’inflation remarquablement bas par rapport à ses voisins de l’Union Européenne.
En France, l’inflation reste stable et modérée, avec un taux annuel pour avril de 0,9 %, le même qu’en février et mars. En comparaison, les taux d’inflation dans la zone euro varient entre 2,2 % et 2,5 %. Quelles sont les raisons de ce faible taux d’inflation en France et est-ce réellement une bonne nouvelle ?
Composition de l’inflation française
Pour comprendre les facteurs influençant l’inflation, il est essentiel de se pencher sur la méthode de calcul. L’inflation est mesurée par l’augmentation en pourcentage de l’Indice des Prix à la Consommation Harmonisé (IPCH), utilisé de manière uniforme à travers l’Union Européenne pour faciliter les comparaisons. Cet indice se base sur la compilation de divers produits regroupés comme suit (liste non exhaustive) :
- Énergie : huiles, gaz, électricité,
- Alimentation : produits frais, pain, lait, boissons alcoolisées,
- Tabac,
- Biens manufacturés : vêtements et chaussures, produits de santé, électroménagers,
- Services : loyers, soins médicaux, transports, télécommunications.
Chaque groupe est ajusté selon son importance relative dans les dépenses des ménages. Par exemple, le tabac est moins pondéré que l’alimentation.
Impact de l’énergie sur la faible inflation
Le secteur de l’énergie est le principal facteur du recul de l’inflation début 2025, avec une baisse des prix de 7,8 % en avril.
Une des raisons de cette baisse est la réduction des tarifs réglementés de l’électricité (TRVE) depuis le 1er février 2025. Les tarifs de l’électricité ont chuté de 15 %, ce qui a compensé l’augmentation de la taxe sur l’électricité et l’augmentation des coûts de distribution (TURPE) qui a vu une hausse de 7,7 % HT au 1er février 2025.
Un autre élément est la forte baisse des prix du pétrole, due à des facteurs conjoncturels et structurels.
L’OPEP+ a récemment augmenté sa production, ce qui a accru l’offre. Les prévisions à long terme de la demande de pétrole sont en baisse en raison de l’électrification et de l’augmentation des énergies renouvelables. Ainsi, le prix du baril de Brent a chuté de 22 % entre janvier et le 5 mai 2025.
Stabilité dans les autres secteurs économiques
Malgré l’importance du secteur de l’énergie dans l’IPCH, la baisse des prix de l’énergie a entraîné une diminution de l’inflation, en raison de la stabilité des prix dans les autres grandes catégories de l’IPCH. Le secteur des services, qui représente plus de la moitié de l’IPCH, contribue également à cette tendance. En effet, les prix des services sont très stables, avec une hausse très mineure de 0,1 % en avril par rapport à mars.
Les biens manufacturés, le deuxième groupe le plus important, montrent également une tendance à la déflation. Les prix des biens manufacturés ont légèrement diminué de 0,2% sur un an en avril, comme en mars. Cette baisse pourrait également être liée aux prix de l’énergie, qui influencent les coûts de production des entreprises. En d’autres termes, la déflation de l’énergie affecte tous les secteurs économiques!
Exception : les prix de l’alimentation
Cette baisse des prix (énergie, biens manufacturés) est contrastée par l’augmentation des prix des produits alimentaires, qui est plus élevée, mais très variable.
L’IPAMPA (Indice des Prix d’Achat des Moyens de Production Agricole) mesure le coût de production agricole, tandis que l’IPPAP (Indice des Prix des Produits Agricoles à la Production) mesure les prix de vente des agriculteurs.
Première observation intéressante : alors que les prix fixés par les agriculteurs (IPPAP) augmentent, les coûts d’achat des moyens de production agricoles (IPAMPA) restent stables. Il est possible que les agriculteurs aient augmenté leurs marges ou qu’ils subissent une hausse d’autres coûts (comme les salaires).
La hausse des prix des produits alimentaires est principalement due à l’augmentation des prix des boissons non alcoolisées. Depuis le 1er mars, la « taxe soda » augmente progressivement selon le taux de sucre ajouté dans une boisson. Cette taxe affecte sévèrement les boissons contenant plus de 80g/L de sucre ajouté qui doivent désormais payer une taxe de 35 centimes d’euro par litre (le double qu’il y a quelques mois). Cette taxe incite les industriels à augmenter leur prix de vente pour maintenir leurs marges.
Autre cause de l’augmentation des prix des produits alimentaires : les périodes de sécheresse qui affectent l’Afrique de l’Ouest et le Brésil depuis 2023 (régions productrices de cacao et de café). Le prix du café (qui représente environ 3 % du panier alimentaire) a augmenté de 10,5 % par rapport à avril 2024, tandis que le cacao et le chocolat en poudre voient leur prix augmenter de 12,5 %. Le prix du chocolat en tablette a explosé de 15,7 % en un an.
D’autres produits alimentaires sont également affectés par l’inflation : miel, fruits, agneau, bœuf… Mais l’impact sur l’inflation totale reste très limité.
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Je suis Aurélie. En tant que membre dynamique de l’équipe Guineetime, je vous guide à travers les évolutions économiques et culturelles. Ma passion pour l’innovation vous aide à anticiper les grands changements.
