Dans l’atmosphère pesante des querelles anciennes rappelant les vendettas corses, il est souvent difficile de retracer les origines exactes d’un conflit. Dans un cadre moins pittoresque que l’Île de Beauté, la ville de Muret est le théâtre d’un procès qui se tient à la cour d’assises de la Haute-Garonne ce lundi 19 janvier. Oualid Fodil, 22 ans, y est jugé pour avoir tenté d’assassiner Patrick J.
« Deux clans rivaux »
Au cœur de la nuit du 5 au 6 mai 2023, ce conducteur de bus de 48 ans, employé par Tisséo, a été agressé à coups de couteau alors qu’il était dans son véhicule, stationné avenue de l’Europe. Cette rue est connue comme un point de rencontre fréquenté pour le « trafic de drogues », d’après un gendarme de la SR de Toulouse. Il aurait crié des insultes envers un groupe de jeunes, qu’il tenait pour responsables de ses malheurs.
Pour contextualiser, le chef de l’enquête parle de « deux clans » dont les affrontements sont source de tensions fréquentes. L’un est formé par les proches du chauffeur de bus, l’autre par des jeunes locaux. Six mois avant l’incident tragique, le neveu de la victime avait été piégé. Le faux rendez-vous amoureux s’était transformé en véritable humiliation : dépouillé, battu, et filmé. La vidéo avait circulé sur les réseaux sociaux.
« Paralysé, j’ai figé… »
Deux mois avant les faits jugés, une expédition punitive avait été lancée contre les agresseurs présumés. Armés de machette, de couteau et de batte de baseball, ce fut « une scène d’une extrême violence », note le gendarme. Trois personnes étaient blessées. Les deux fils et le neveu du chauffeur de bus avaient été arrêtés et emprisonnés.
Animé par la rancune, le quadragénaire avait pris le volant aux alentours de 2 heures du matin cette nuit de mai, après avoir bu avec des amis pendant la soirée. La présidente, Dominique Coquizart, déplore son absence et celle de ses proches au procès. Elle lit sa déclaration : « L’alcool m’a rendu fou. Je suis sorti pour les menacer. Paralysé, j’ai figé, les regardant depuis ma voiture. Lorsque j’ai été attaqué par derrière, j’ai été pris au dépourvu ».
« Une scène d’horreur »
Représenté par Me Alexandre Parra-Bruguière, le jeune homme accusé était un futur espoir du football. « Il aurait pu devenir professionnel ». Son surnom ? « Guendouzi », en hommage au joueur français qui a brillé à l’Olympique de Marseille. Il admet avoir donné deux coups de couteau Opinel à travers la fenêtre ouverte de la Twingo noire, par peur que le conducteur ne prenne une arme. Toutefois, ce récit est contredit par le rapport médico-légal qui mentionne six ou sept coups.
Patrick J. a survécu de justesse. Secouru in extremis par des membres de sa famille, puis par les équipes médicales de Rangueil, il avait identifié son agresseur… qu’il aurait poursuivi à travers Muret deux jours plus tôt. La situation reste confuse. L’intérieur de la Twingo est affiché sur les écrans de la cour d’assises. « Une scène d’horreur, tout de même », conclut la présidente. En état de récidive légale, l’accusé risque la prison à vie. Les débats se poursuivent jusqu’à mercredi.

Je m’appelle Marie et je suis une rédactrice passionnée faisant partie de l’équipe de Guineetime. Avec mon expertise dans les actualités people, je suis là pour vous faire vivre les dernières rumeurs et potins croustillants.
