À Ramonville, dans le quartier écologique de Buchens, l’angoisse est encore perceptible chez quelques résidents. Depuis près de dix ans, la présence de drogue est devenue courante. À l’intersection du terminus de la ligne B du métro et de l’allée Françoise Dolto, où se côtoient logements, petits commerces, infrastructures publiques (local de quartier, crèche) et bureaux, les échanges de stupéfiants sont monnaie courante. Les groupes de jeunes se rassemblent sur la place ou se tiennent fermement devant le supermarché Carrefour. « Ils surveillent les potentiels acheteurs, feignant de rire entre vieux amis pour détourner l’attention », explique un habitant du bâtiment numéro 1.
La proximité avec la station de métro facilite ce commerce illicite car le flux de passagers est conséquent et « l’évasion des dealers est aisée », observe-t-il. Il note également « une évolution récente » dans les méthodes : « Les stupéfiants sont désormais livrés à moto. Les livreurs ne se dissimulent plus, on peut les entendre. Et la nuit, une série de voitures s’arrête, comme par hasard, devant le supermarché ».
« Nous n’avons jamais ressenti d’insécurité »
Un employé de l’épicerie affirme « ne rien percevoir d’illégal ou de menaçant, seulement des jeunes qui traînent. Mais il est vrai que cela affecte un peu le flux de personnes devant le magasin. Certaines jeunes femmes, par exemple, prennent parfois un chemin détourné pour se rendre au métro ». Un autre collègue mentionne : « Les gendarmes viennent souvent jeter un œil et poser des questions, mais cela s’arrête là ». Pour une éducatrice de la crèche, la situation ne semble pas alarmante : « Il y a eu peut-être des odeurs de cannabis à un moment, mais nous n’avons jamais été témoins de trafic. Nous n’avons jamais ressenti d’insécurité, ce qui est heureux pour les enfants ».
Les patrouilles et les contrôles sont fréquents dans ce quartier écoconçu en 2011. Un officier de la gendarmerie de Haute-Garonne précise : « Nous portons une attention particulière à ce terminus de métro, tout comme celui de Balma Gramont, qui se situe à la frontière entre les zones de police et de gendarmerie. Nous organisons régulièrement des opérations de contrôle, les dernières ayant eu lieu en avril et en septembre, car c’est un lieu de passage important pour de nombreuses personnes ».
Des interventions anti-drogue tous les 3 à 4 mois
Christophe Lubac, le maire de Ramonville, est déterminé à empêcher que la situation ne dégénère comme il y a quelques années, quand une « nourrice » s’était installée dans le quartier et un réseau de trafiquants y était actif. « C’est une zone qui est sous haute surveillance. Des opérations anti-drogue sont lancées tous les 3 à 4 mois environ, avec des amendes et parfois des arrestations. La plus récente a mobilisé 40 agents dans le quartier et sur les axes routiers, ainsi qu’une brigade canine. Elle n’a pas révélé de point de vente actif, selon les termes de la gendarmerie », déclare-t-il.
Bien que la situation semble plus calme et moins préoccupante qu’autrefois, l’édile reste vigilant et admet : « Il y a effectivement de la consommation. Et s’il y a des consommateurs, il y a forcément des vendeurs quelque part ». Ces derniers jours, il a rencontré un petit groupe de résidents inquiets et leur a promis d’intensifier les rondes des forces de l’ordre. L’un d’eux exprime sa crainte que « le trafic s’infiltre à l’intérieur de la résidence » ou que des « doses soient déjà cachées dans le plafond de l’ascenseur ou dans les murs des escaliers ».

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