Deux personnes ont perdu la vie, plusieurs centaines ont été blessées et environ 600 individus ont été interpellés. Les scènes de violence qui ont suivi la victoire du Paris-Saint-Germain en finale de la Ligue des champions ont circulé mondialement. Les médias du monde entier n’ont pas manqué de critiquer ces événements, que le journal italien La Repubblica a décrits comme une « guerre urbaine ».
Au Royaume-Uni, la BBC a diffusé des images de ce chaos, montrant des voitures incendiées et des magasins pillés sur les Champs-Élysées. Le journal espagnol El Pais a rappelé les incidents du Stade de France en 2022, où des jeunes avaient attaqué des milliers de supporters de Liverpool et du Real Madrid.
@bbcnews Deux personnes sont mortes et des centaines ont été arrêtées en France suite aux célébrations des fans du Paris Saint-Germain (PSG) après la victoire du club en finale de la Ligue des champions, selon le ministère de l’Intérieur français. #PSG #Paris #France #ChampionsLeague #BBCNews ♬ original sound – BBC News
Les émeutes qui ont secoué notre nation la semaine dernière ont stupéfié la presse internationale, mais sont-elles vraiment pires que les troubles observés ailleurs dans le monde ?
Escalade de la violence physique
Alain Bauer, professeur de criminologie, souligne que le terme « violences urbaines » est flou et manque de critères de comparaison solides. « Ce qui est préoccupant, c’est l’escalade rapide et marquée de la violence physique en France, surtout depuis que le nombre d’homicides de 2011/2021 a atteint un pic inégalé depuis un demi-siècle en 2024. De plus, les agressions volontaires sont en nette augmentation », admet-il.
La France maintient un taux d’homicide relativement bas par rapport à la moyenne européenne (environ 1,2 pour 100 000 habitants, bien inférieur à celui des États-Unis ou du Brésil), mais elle enregistre l’un des taux les plus élevés d’incendies de voitures en Europe, selon Eurostat, surtout pendant les fêtes et les émeutes.
« Un État réticent à la négociation paisible »
Les violences urbaines en France ne sont pas uniques en leur genre, mais elles attirent l’attention des médias de par leur nature spectaculaire. Cela va des manifestations des Gilets jaunes aux affrontements avec les forces de l’ordre. Dans d’autres pays, comme aux États-Unis ou en Amérique du Sud, la violence peut être plus diffuse mais constante, due aux gangs et à la criminalité organisée, tandis que la culture de protestation en France conduit à des violences plus sporadiques mais intenses.
« La France a une histoire de jacqueries qui remonte à au moins mille ans », explique Alain Bauer. « Cependant, sa restructuration dans les années 70 sous prétexte de la mondialisation a entraîné des confrontations entre mouvements sociaux et un État qui attend les casses pour initier le dialogue », ajoute le criminologue. « À l’inverse, la plupart des autres pays, avec leurs systèmes fédéraux, ont des mécanismes de médiation qui réduisent les risques. »
Une prévention de la délinquance insuffisante
Un autre problème persistant dans les violences urbaines en France est la montée de l’hostilité envers les forces de l’ordre, exacerbée par des interventions policières parfois controversées. Cette intensification n’est pas unique à la France, puisque le Royaume-Uni a également connu des émeutes déclenchées par des groupes d’extrême droite.
Est-ce une lacune dans notre politique de sécurité ? Pour Alain Bauer, c’est plutôt un manque de prévention de la délinquance. « Une politique de sécurité efficace doit s’appuyer sur la dissuasion, des sanctions immédiates, le dialogue et la coordination entre tous les acteurs de terrain. Elle doit délaisser les discours inutiles pour une approche pragmatique, basée sur la coopération entre familles, éducateurs, forces de l’ordre et justice, comme c’est le cas en Finlande et au Canada. L’État devrait moins dicter mais plutôt soutenir les actions de ceux qui ont prouvé leur efficacité. »
Dernière publication d’Alain Bauer : Opération Zelensky et Menace sur Taiwan, First 2025.

Je m’appelle Marie et je suis une rédactrice passionnée faisant partie de l’équipe de Guineetime. Avec mon expertise dans les actualités people, je suis là pour vous faire vivre les dernières rumeurs et potins croustillants.
