Les mauvaises pratiques politiques exacerbent le sentiment anti-mondialisation

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Le week-end dernier, Marine Le Pen, la patronne du parti d’extrême-droite française Front national a lancé sa campagne pour les présidentielles françaises à Lyon, la troisième plus grande ville de France. Selon Mme Le Pen, la mondialisation, ce sont des produits fabriqués par des esclaves et vendus à des chômeurs, et qui étranglent lentement la société française.
Au cours de l’année écoulée, du Brexit au Royaume-Uni à l’élection présidentielle américaine, et cette année, à l’occasion des élections qui vont avoir lieu en France, en Allemagne et dans d’autres pays, des politiciens européens et américains n’ont cessé d’utiliser le mécontentement des populations face au statu quo, faisant chaque jour un peu plus du sentiment d’anti-mondialisation un « courant politique » en Occident. Le 8 février, le Quotidien du Peuple a publié un article d’opinion signé, qui souligne que la mondialisation économique a certes des problèmes à résoudre, mais que se servir de ces problèmes pour amplifier les contradictions est aussi contradictoire qu’irresponsable.

Selon l’article, derrière la vague de populisme anti-mondialisation en Europe et aux États-Unis, la cause profonde est évidemment l’exacerbation des contradictions entre la croissance et la distribution, le capital et la main-d’œuvre, l’efficacité et l’équité, due au ralentissement économique, mais, dans le même temps, les questions qui émergent dans l’arène politique ne devraient pas davantage être ignorées. Dans les pays où le sentiment anti-mondialisation est le plus intense, des problèmes relatifs au développement économique et à la distribution des bénéfices ont d’abord émergé, puis les problèmes économiques ont été soulignés par leur politisation et exprimés par une certaine dramatisation émotionnelle, aboutissant finalement à une augmentation des divisions sociales.

Janan Ganesh, chroniqueur au journal britannique « Financial Times », a écrit récemment dans un article que ce avec quoi les populistes ont le plus de mal est cette chose « fastidieuse » qu’est la bonne gouvernance. Il n’est pas exagéré de dire que ce point de vue, dans l’état de confusion où se trouvent les pays européens, est après tout un rappel bienvenu. Et si cela ne suffisait pas, nous pourrions aussi jeter un œil sur les leçons de la réalité : en Italie, après l’élection de Virginia Raggi, membre du parti d’extrême-droite Mouvement Cinq Etoiles à la mairie de Rome, les très mauvais résultats en matière de décisions ont fait que, même à Rome, l’élimination des déchets est devenue un gros problème, ce qui montre le monde de différences qui existe entre la passion pendant les élections et les dures réalités de la gouvernance après les élections.

L’article souligne également que 2017 est une année d’élections dans de nombreux pays européens : la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et d’autres pays vont ainsi avoir à faire un nouveau choix qui pèsera sur leur voie de développement national. Chacun de ces pays a ses propres problèmes de développement mis en évidence par le contexte, et le changement est un sujet incontournable, mais choisir dans quelle direction aller exactement suppose d’y réfléchir à deux fois avant toute décision en ce sens. Si, comme nombre de forces politiques d’extrême-droite le préconisent actuellement, la direction prise s’oriente globalement vers l’anti-mondialisation, alors il est à craindre que cela conduise à une accumulation de problèmes plus graves. Car près tout, la mondialisation économique est une exigence objective du développement des forces productrices de la société et le résultat inévitable des progrès scientifiques et technologiques, et ce n’est pas une chose que ces gens, que ces pays, ont créé artificiellement ; la mondialisation économique a eu un rôle actif dans le développement de la société humaine, et ce ne sont pas quelques paroles exaltées qui pourront masquer cette réalité.

Enfin, l’article a précisé que face à la tendance de la mondialisation économique, le choix de la sagesse devrait être basé sur des conditions nationales, être conforme aux tendances actuelles, et que le bon choix passe par une intégration dans la voie et le rythme de la mondialisation économique, avec un accent mis sur l’efficacité et l’équité, de sorte que les différents pays, les différentes classes, les différents groupes de personnes puissent partager les avantages de la mondialisation économique.

(Source : Le Quotidien du Peuple)

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