Guinée : Pourquoi la route de la Forêt continuera à tuer les Guinéens !

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Nos routes, un no man land
Nos routes, un no man’s land

Guinée-Conakry : EDITO : Au moins quinze de nos compatriotes viennent de trouver la mort, sur un tronçon routier de la région forestière. Il y en a eu d’autres, plus effroyables, par le passé. Il y en aura encore – sans être oiseau de mauvaise augure- tant que la vigilance des services de police routière et de la gendarmerie restera scotchée sur les routes de la capitale Conakry et jamais sur celles liant les préfectures.Nos routes, un no man’s land.

 

Un bus de marque américaine, très connu par ceux qui voyagent vers la grande Forêt, rempli comme un oeuf et chargé de bagages de toutes sortes, n’a jamais interpellé un quelconque agent de l’insécurité pardon de sécurité routière ou de la gendarmerie mobile pourtant placé entre les villes. C’est un phénomène dangereux mais banal. Dangereux surtout dans un pays où, en croire un député de l’Assemblée nationale, seuls 40 pour cent des routes du pays sont praticables.

A Bofossou, cette bourgade de Macenta, 15 vies sont perdues, alors qu’on peut bien les sauver ! Une collision, raconte-on, avec un autre véhicule, a produit l’irréparable : un deuil national. Même au plus haut sommet de l’Etat, le président Alpha Condé s’est arrêté, pour quelques minutes, pour présenter ses condoléances aux familles, bref au Peuple de Guinée.

Alpha Condé continuera à avoir des instants pareils douloureux, des familles continueront à pleurer leurs fils et la Guinée ne finira jamais de regretter ses enfants tués dans des circonstances effroyables sur les routes, tant que l’Etat guinéen ne prend ses responsabilités.

Tous les véhicules de transport en commun, faisant la navette entre Conakry et les préfectures de la Forêt dépassent de loin le niveau de charges qu’ils sont censés transporter ! Ils prennent le départ de Conakry et foncent sur les grandes villes et régions du pays sans qu’aucune Autorité locale ou nationale ne s’en émeuve !

Pire, bloquer ces bus chargés, racketter les occupants à cause de futiles contrôles d’identité, ou des chauffeurs pour diverses raisons, est la chose la mieux partagée chez les corps de la gendarmerie et de la sécurité routière. Au niveau de chaque préfecture que dépassent ces bus, de véritables tombeaux roulants, il existe des checkpoints. Nul ne s’est jamais posé la question sur la sécurité des personnes et de leurs biens.

Ce n’est pas une fatalité ! La Guinée peut bel et bien mettre fin à ce cycle monstrueux de morts en groupe de ses fils si elle change, à travers ses dirigeants, sa paire de lunettes quand il s’agira de voir ces bus de transports.

A partir du palais présidentiel, en passant par le ministre de la Sécurité jusqu’aux préfets et sous-préfets, des dispositions radicales doivent être prises par rapport aux charges de ces véhicules de transport commun. Et exiger de surcroit une application rigoureuse au niveau des services de sécurité et de la gendarmerie mobile.

Hormis ces gros bus GMC, sont encore nombreux des camionnettes, reliant les villages, hameaux et préfectures, qui chargent marchandises et passagers; comme de simples bétails. L’on continuera à pleurer et à regretter de graves accidents de la route, d’ailleurs sur l’ensemble des tronçons routiers du  pays, si rien ne change. Les mêmes causes produisent les mêmes effets non?

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