Massacres du 28 septembre 2009 : « Dadis nous a dit qu’il veut venir au procès … » (OGDH)

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Guinée – Lors d’une conférence de presse animée ce vendredi 28 Septembre 2018 à Conakry, l’Association des Victimes, Parents et Ami(e)s du 28 Septembre 2009 (AVIPA), l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme (OGDH), la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Amnesty International et Human Rights Watch ont appelé le gouvernement guinéen à rendre enfin justice à travers l’organisation d’un procès sans délais.

Selon le président de l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme Abdoul Gadiry Diallo, la Guinée a soif de justice. Mais :

« on ne voudrait pas une justice bâclée. Et c’est en ça que nous sommes en train de concilier à la fois, notre besoin d’avoir une meilleure justice et le besoin de ne pas bâcler cette procédure en vue de déboucher sur un procès qui sera attaquable. Neuf ans après les évènements du 28 septembre, il y a eu du retard, c’est indéniable, mais quand vous faites une course, ne voyez pas que ceux qui sont devant vous, retournez votre regard sur ceux qui sont derrière vous. Entre ce qui a été fait et ce qui reste à faire, certes ce qui a été fait reste important mais beaucoup de choses ont été faites », a affirmé le président de l’OGDH.

Un comité de pilotage a déjà été mis en place et une rencontre est prévue en Octobre afin de discuter de la faisabilité du procès.

« Le comité de pilotage existe, il devait normalement se réunir en octobre-là pour essayer de discuter de la faisabilité du procès. Nous pouvons donc dire que si jusqu’à présent l’arrestation d’un Toumba Diakité, l’inculpation d’un Dadis, relevait du domaine des rêves, c’est devenu une réalité. Donc il faut espérer que ceux qui ont eu le courage d’arriver à ce stade pourront poursuivre le processus. Et nous avons les garanties du ministère de la justice et de son chef de Département qui nous a assuré que le processus est irréversible. Irréversible dans la mesure où le processus est enclenché. Et si c’est enclenché, il faut s’attendre à ce que tout le monde s’en approprie et qu’on arrive à mettre en place le processus », ajoute Abdoul Gadiry Diallo.

Des hauts commis de l’Etat seraient impliqués dans cette affaire, à ce propos, le président de l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme affirme que la première précaution qui s’impose est la démission de ces haut commis :

« Et la jurisprudence d’ailleurs nous indique ça. Chaque fois que dans d’autres pays un haut commis de l’Etat est éclaboussé dans une affaire, la première précaution qu’il prend c’est de démissionner. Nous espérons que la Guinée ne va pas faire exception. Lorsqu’il sera question du procès, ceux qui sont actuellement à de hautes fonctions vont être obligés, ou par une mesure prise par la justice, ou par une mesure administrative de se démettre pour pouvoir répondre aux accusations qui sont portées contre eux. Dadis nous a dit qu’il veut revenir, ce n’est pas nous qui allons empêcher Dadis de revenir, ce n’est pas la justice aussi qui va empêcher Dadis de revenir. Si déjà il a exprimé le souhait d’être présent à ce procès, il suffit tout simplement de créer les conditions pour qu’il puisse venir répondre », a souligné le président de l’OGDH.

Fatoumata Camara

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